En France, la laïcité « politique », séparant l’Etat et les religions, favorise hélas leurs revendications et leur prosélytisme. Elles profitent en effet de la conception laxiste et électoraliste de la tolérance et de la neutralité. Il en va de même en Belgique, où existe la notion de laïcité « philosophique », certes antidogmatique et anticléricale, mais pas antireligieuse, et pourtant occultée par l’enseignement confessionnel subsidié. J’y vois une malhonnêteté intellectuelle.
Alors que, dans la plupart des pays européens, la religiosité était en chute libre, les religions tentent de réagir en reconfessionnalisant les consciences, en réinvestissant l’espace public via les médias, et en recléricalisant la politique, notamment européenne (sans oublier la prolifération des sectes).
Les affrontements entre les trois monothéismes ne pourront, je le crains, que s’amplifier dans les prochaines décennies. C’est dramatique si l’on considère que « Dieu » ne s’étant jamais manifesté concrètement, il n’a qu’une existence subjective, imaginaire et donc illusoire ...
La Constitution est hypocrite : ainsi, l’égalité entre citoyens ne concerne au mieux que la liberté d’expression. Les libertés de conscience et de religion ne sont en effet que symboliques. Exemple extrême : un Musulman de chez nous, à qui le Coran et imposé dès la prime enfance, n’a pas le droit de « changer de religion ou de confession », malgré l’article 18 de La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme" de 1948, puisque l’apostasie est théoriquement punie de mort par le Coran.