« Un jeune rabbin de Berlin, Joachim
Prinz, affirmait à la même époque que la révolution nationale-socialiste
allemande signifiait « la judaïté pour les juifs ». Pour lui, « aucun
subterfuge ne peut sauver (les juifs) à présent. A la place de l’assimilation,
nous désirons un nouveau concept : la reconnaissance de la nation juive et
de la race juive. » Cette vision raciale reçut le soutien effectif et
total de certains dirigeants hitlériens. Ainsi Reinhart Heydrich, chef de la
sécurité SS, écrivit en 1935 : « Nous devons séparer les juifs en
deux catégories : les sionistes et les partisans de l’assimilation. Les
sionistes professent une conception purement raciale et, par l’émigration en
Palestine, ils aident à bâtir leur propre Etat juif. » Alfred Rosenberg, principal
théoricien du IIIe Reich, alla, lui, jusqu’à affirmer : « Le sionisme
doit être vigoureusement soutenu afin qu’un contingent annuel de juifs
allemands soit transporté en Palestine. » Une des plus importantes
compagnies maritimes allemandes ouvrit une ligne directe entre Hambourg et Haïfa,
en octobre 1933, fournissant sur ses bateaux de la nourriture strictement
kasher, sous la supervision du rabbinat de Hambourg.