pfff, vous me saoulez. J’ai l’impression que ça vous amuse de vous enflamer sur des sujets dont vous n’avez pas vraiment d’information mais qui font plaisir à vos convictions ou à votre intellect.
Juste de 2 ou 3 remarques, écris sous la colère.
L’EHESS a été dépassé par les évènements et s’est effectivement fait manger par des groupes autonomes qui n’avaient pas la même finalité que les étudiants en grève de l’école. Ces derniers souhaitaient ouvrir un espace de discussions permanant (d’où l’ouverture des portes) alors que les premiers y voyaient un moyen de crier plus fort leurs idées sur « cette société de merde », puis ensuite pour profiter du fait d’investir si facilement les salles de cours (de ces connards d’intellos démagos à la botte du pouvoir ??) sans avoir à se faire chier avec le ménage. Nous étions passé d’une assemblée démocratique de réflexion à une assemblée en lutte, prônant la violence, et qui s’est réellement manifesté jeudi soir, après la manif et pendant l’AG.
Mais en ce qui concerne votre article : c’est quoi ce vocabulaire ? Infiltration, pillage, saccage, dégradation systématique, ...
Que savez vous réellement de ce qui c’est passé pour oser recracher des infos comme celles-ci ? On ne peux pas se contenter de ce que l’on entendu dans la foule !!
Je vous parle ici de ce que je sais, c’est-à-dire uniquement de ce qui s’est passé à l’EHESS cette semaine, pas du reste de votre article.
Je vais vous décrire ce que j’en ai vu hier (soit jeudi 23, c’est-à-dire dans l’après midi qui a précédé l’expulsion) dans les locaux du 105 Bd raspail. Prenant mon courage à deux mains et armé d’une jolie brune pas du tout menaçante j’ai passé une bonne demi heure à faire le tour des bureaux, voir ce qu’il en retournait malgré les appels alarmistes de la présidence nous interdisant d’y aller pour des raisons de sécurité (? ?).
Dans la cours : 4 ou 5 personnes à l’entrée. Seul une, avachie sur une chaise, avait un regard méfiant mais semblait surtout fatigué. La seule chose que l’on ai eu à dire c’est répondre à cette question (souriante en plus) « pour ou contre la lutte ? ». Bon, ben on a dit pour, s’attendant à être stoppé mais rien. Toute notre excursion s’est passée comme cela, sans aucun pb. La cour était crade mais sans plus, rien à voir avec les photos de Gunthert du lendemain. Des canettes, un peu de pavé brûlé, du bordel quoi.
Ensuite ben dans tous les étages, c’est vrai que les murs étaient sales (beaucoup moins que ce matin, c’est limite pas comparable), des graffitis des fois drôles et/ou assez intelligents, des fois complètement stupides voir fascisants.
Je voudrais revenir rapidement sur certains points que j’ai lu dans votre article et que j’ai entendu aux alentours de l’Ecole.
Pour commencer vos éléments autonomes présents aux AG n’étaient pas tous des anarchistes, oui il y en avait, oui certain avaient un manque total de respect des autres (la plupart certains jours), mais faire le raccourci Anarchistes-casseurs-voleurs, c’est un mensonge (alors de là à crier au complot ...). Les choses se passaient la nuit, qui est qui, qui fait quoi ? Pas besoin d’être nombreux pour tout casser. Il n’est pas non plus nécessaire d’être un connard fini pour le faire (c’est pas comme si on les avaient pas énervé durant ces 3 jours, à les traiter de tous les noms dans les médias et dans les instances de direction de l’Ecole. On s’attendait à quoi ? On provoque et après on vient pleurer parce que les méchants y zont cassé notre jouet !).
L’EHESS victime d’un pillage durant 3 jours pleins ??? Mais comment osez vous sortir des choses comme cela ? Premièrement l’école n’a été réellement saccagée que dans la nuit de l’expulsion. Ce que vous avez vu sur les photos impressionantes de Gunthert retranscrit peu l’état de l’école avant vendredi matin. Jeudi après midi il y avait moins d’une dizaine de portes enfoncées. Il y avait des tags, quasi-exclusivement au marqueur ou à la craie, je crois avoir vu une bombe de peinture et un pot d’enduit avait servit à dégueulasser certaines portes fermées et un ordinateur dans une salle informatique de l’avant dernier étage dont je ne connaissait pas l’existence, il y avait aussi des paquets de pâtes ou des oignons qui traînaient mais rien de bien méchant. C’était sale, mais ce n’était pas saccagé. Quelques bureaux avaient été fouillés rapidement (peu), une photocopieuse dans le couloir, un tableau noir troué avec une cannette enfoncée dedans (c’est le plus gros acte de vandalisme que j’ai vu hier), mais pas de livre par terre, strictement aucun trou dans les murs, les thermos et les machines à café étaient toujours en place. Il y a eu du vol, c’est indéniable. Beaucoup moins que ce qu’on aime rapporter, malgré la perte d’un projecteur dès le 1er soir notamment, la plupart des ordinateurs et des choses de valeurs ayant été regroupés dans le « bunker » du rez de chaussée par le personnel dès mardi. J’ai du voir également 5 ou 6 vitres brisées, essentiellement des fenêtres de porte de bureaux mais aucun carreau extérieur ou de valeur.
Et les 200 anarchistes ??? Mais d’où tenez vous ces chiffres ?? De qui parlez vous ?? Au plus fort ils étaient une trentaine de crétins qui sont venus s’amuser dans les locaux à partir de mardi, profitant de la gestion chaotique des évènements par la présidence de l’école et du champs libre que les autorités leur laissaient pour foutre le bordel et faire mumuse à leur manière, sans aucune forme de respect pour le mouvement, contrairement à d’autres « anars » que vous semblez ne pas aimer du tout mais qui ne disaient pas que des conneries. Lors des AG tout le monde a pu remarquer 3 ou 4 très excités qui n’étaient clairement pas là pour faire la lutte à la manière des étudiants de l’EHESS mais selon leurs propres convictions. De là à dire qu’ils ont manipulé le reste des étudiants, salariés, chomeurs, etc, présents pour faire de l’école une base arrière à des activités mécréantes c’est vraiment ne pas vouloir chercher très loin. Pire, généraliser leur responsabilité face aux cassages d’hier soir sans aucune preuve c’est d’une nullité ! Je tiens également à signaler que jeudi après midi ils étaient (anars, étudiants, chômeurs et au moins un clodo) que 6 ou 7 à l’intérieur du bâtiment + 4 personnes dehors. Un peu plus de 10 personnes pour « garder » l’ensemble du bâtiment et 2 cars de CRS à l’extérieur, même les gros bras de l’école étaient plus nombreux !
Je le répète donc : Le saccage de l’école s’est fait dans la nuit de jeudi à vendredi, pas avant ; la situation n’était pas si tendue avant jeudi 19h et les évènements d’hier soir auraient pu être évités avec une facilité désarmante ; la très grande majorité des portes ont été défoncés par ceux qui ont vidés le bâtiment (police ? je lis plus haut qu’il s’agit des gars de la société de sécurité mais ça m’étonne) afin de vérifier que plus personne n’était dans le bâtiment ; les étudiants de l’EHESS se sont fait déposséder de leur mouvement et de leurs locaux par des groupes plus radicaux mais n’ont pas été manipulés. Enfin, selon moi, la présidence de l’école a une grande responsabilité dans tout cela car beaucoup auraient pu être fait pour que les choses prennent une tournure différente dès la perte de contrôle par la direction (lundi soir) mais les seules solutions trouvées ont été de se barricader et de chercher à envoyer les CRS (pour caricaturer méchament le mot d’ordre c’était : bouuuh des voyous analphabètes, appel la poliiiiiice).
Il soufflait un vent de paranoïa exacerbé et d’élitisme gerbant cette après midi à l’école, je trouve cela super décevant.