@ l’auteur :
il faudrait simplement se demander POURQUOI le phénomène des dépassements d’honoraires prend aujourd’hui une telle ampleur, et l’on découvrira que les raisons sont bien plus complexes que le simple désir des médecins de s’en mettre plein les poches...
La médecine évolue, et il n’est plus question aujourd’hui de soigner les patients de la même façon qu’au temps de grand-papa. Ce qui veut dire investissements plus conséquents pour les structures privées, ne serait-ce que pour respecter les normes en vigueur et soigner les patients en toute sécurité, selon les données acquises de la science.
De plus, la société évolue aussi, avec une certaine « américanisation » qui conduit de plus en plus de patients à avoir recours à la justice en cas de problèmes, d’où l’envolée des primes d’assurances pour les médecins. Demandez-donc combien paie un chirurgien, un anesthésie ou un gynécologue par MOIS pour se couvrir...
En revanche, les prises en charge édictées par la Sécurité Sociale, elles, n’évoluent pas, ou très peu. Comme la médecine coûte de plus en plus cher et que les remboursements n’augmentent pas, c’est le patient qui paie l’addition...
On pourrait se demander pourquoi le professionnel de santé ne ferait pas un effort sur ses propres revenus. Le problème, c’est qu’une paupérisation des médecins entraînerait inévitablement une crise des vocations car personne n’accepterait de suer sang et eau pendant 10 ans ou plus sans aucune contrepartie, ni en termes financiers ni même en terme de reconnaissance... La formation d’un médecin est longue, ardue et celui-ci doit être rémunéré à sa juste valeur, au même titre que n’importe quel professionnel hautement qualifié et à forte responsabilité.
En revanche, je suis d’accord avec vous pour constater que le système actuel est à bout de souffle. Et contrairement à ce que vous pouvez penser, même si les professionnels de santé s’y retrouvent financièrement pour le moment, peu en sont vraiment satisfaits. Le vrai défi est de trouver un autre mode de rémunération qui leur assure un revenu à peu près équivalent - ou légèrement inférieur si en contrepartie certaines contraintes disparaissaient - tout en permettant aux patients de ne plus se heurter à une barrière financière. Mais l’Etat dispose-t-il d’assez de marges de manoeuvre (surtout financières) pour assurer une telle réforme ?