Alors que la troïka est menacée, la contestation s’étend en Tunisie
Difficile période que traverse le gouvernement Ennahda, en Tunisie. Les événements de Siliana prennent une autre tournure. Les heurts qui ont éclaté mardi dernier se poursuivent.
Les policiers postés dans la ville sont accusés de violation et de répression. Les habitants demandent leur retrait et l’entrée de l’armée. Le mouvement de contestation s’est étendu à d’autres localités. Dans la journée d’hier, des jeunes, par centaines, indiquent des habitants à l’AFP, ont attaqué les policiers de cette ville déshéritée qui se trouve à 120 km au sud-ouest de Tunis. (Suite page 12) Mehdi Bsikri Les jeunes ont jeté des pierres sur les voitures de police qui partaient à destination de Tunis. Un agent a été blessé. Il est à souligner que les violences en sont à leur cinquième jour, avec un lot d’environ 300 blessées, dont certains grièvement. Pour apaiser la tension, le gouvernement Ennahda s’est entretenu, dans la même journée, avec le principal syndicat du pays, l’UGTT, qui revendique le départ du gouverneur local et l’élaboration d’un plan d’aide économique, ainsi que le retrait de la police. D’après l’AFP, qui rapporte les propos de trois policiers, « l’entrée de l’armée à Siliana a finalement été refusée par le ministère de l’Intérieur ».
Dans la localité de Bargou, à 20 km de Siliana, des jeunes ont barré une route. Ils ont également jeté des pierres. Les agents de l’ordre ont répondu par des gaz lacrymogènes. Les contestataires ont dressé des barricades à l’aide de pneus et de branches enflammées. La presse locale évoque, de son côté, des heurts qui ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi. Des habitants de Kef (nord-ouest du pays) et ceux de Sbeïtla (centre ouest, région pauvre de Kasserine) s’étaient respectivement opposés à des policiers. L’élan de solidarité avec Siliana a été remarqué à Tunis, la capitale, où environ 200 personnes ont manifesté sur l’avenue Habib Bourguiba. Les citoyens dénoncent la répression policière.
Ces villes, qui se trouvent à l’intérieur de la Tunisie, sont considérées comme des zones de tension, au vu de la pauvreté qui y sévit et du manque de solutions socioéconomiques que les citoyens attendent. Ces derniers ont été à l’avant-garde de la révolution qui a détrôné l’ex-président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, en décembre 2010. Les événements de Siliana sont enregistrés à la veille de la célébration du 2e anniversaire de l’éclatement de la révolution tunisienne. Le gouvernement, dirigé en majorité par Ennahda, semble ne pas répondre aux doléances élémentaires des contestataires. Les problèmes de chômage et de logement, de santé et de mal-vie n’ont pas été résolus en deux ans dans les villes intérieures de Tunisie.
Source :
http://www.elwatan.com//une/la-contestation-s-etend-en-tunisie-02-12-2012-194353_108.php
Salah HORCHANI