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Commentaire de easy

sur Congestion


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easy easy 19 décembre 2012 21:08

Bon, je pense avoir compris ce qu’ j’ai à expliciter

Ici vous parlez du fait que chacun s’entend dire qu’il doit gérer (pression, stress)

Autrefois, ni un gueux ni son seigneur ne s’entendait dire qu’il devait gérer
Pourtant chacun gérait
Mais chacun ne gérait que son niveau de responsabilité.
Il y avait peut-être dix strates de responsabilité (pouvoir, hiérarchie des pouvoir, c’est pareil) et chacun, même un roi de dix ans, les assumait en ayant disons une fois pour toute été formé à l’enveloppe de ses responsabilités, de ce qu’il avait à gérer (ce n’est pas inné)

Un roi gérait directement certaines chose et gérait aussi des délégations de gestion vers le bas de la pyramide du pouvoir
Disons alors que la grosse masse, la gueusaille, n’avait pas grand chose à gérer du point de vue des responsabilités. Les gueux obéissaient et c’est tout (les commerçants, les bourgeois avaient déjà bien plus à gérer m’enfin eux non plus n’avaient quasiment pas à s’occuper des grandes décisions) 

Gérer veut dire avoir, directement ou indirectement, charge d’âme autre que la sienne
Et un gueux n’avait jamais que la charge d’âme de ses enfants.

A la Révolution, EGALITE des droits
ABOLITION des privilèges
Tous CITOYENS EGAUX en droits, en devoir, en responsabilité.
Cela avant tout vote.
Car après un moindre vote pour élire un moindre chef, la responsabilité (charge d’âme) lui revient


Avant tout vote donc, la pyramide du pouvoir s’est retrouvée répartie entre tous les citoyens, des millions (pas les femmes au départ, même pas tous les hommes non plus)
Elle aurait donc été découpée non plus en strates de pouvoir à se répartir entre gens, mais en colonnes de pouvoir à se répartir entre gens (chacun étant susceptible d’occuper tous les niveaux de responsabilité

Que l’on persiste à dessiner la répartition du pouvoir en allure de pyramide comme sous l’Ancien régime ou qu’on la redessine en forme cubique, peu importe, après la Révolution il y a des colonnes de pouvoir et non plus des strates

Cette colonnisation (mise en colonne) est moins flagrante dès les premières élections puisque des maires, des ministres, des présidents sont nommés
Le Pouvoir total est en millions de colonnes avant les élections et se restratifie après les élections

Avant les élections chacun de nous peut la jouer candidat président (et de parler alors en « Je vais m’occuper de vos âmes pour les rendre heureuses ») Chacun de nous se retrouve donc nimbé d’une co-énorme responsabilité. Mais après les élections, chacun se replie dans la strate de pouvoir qui lui a été assignée par la masse.

Chacun de nous vit donc des moments d’énormes responsabilités à gérer et des moments de moindre responsabilité. Mais dans tous les cas, chacun de nous apparaît tant à lui-même qu’aux yeux des autres comme étant susceptible voire capable de gérer la verticale entière à tout moment.

Ca fait que dans toutes nos disputes ou tensions, dès que l’un de nous se plaint d’être mal géré, le dessus lui répond de mieux gérer

Comme tout supérieur est constamment menacé par ses subalternes de mal les gérer, comme désormais tout le monde est censé pouvoir tout gérer, ce supérieur a tendance à anticiper le coup en coinçant ses subalternes avec « Vous devez mieux gérer votre aval. Car si vous gérez mal votre aval, il m’est impossible de bien vous gérer » 





Ça fait maintenant trop de générations qui n’ont pas connue la féodalité. Plus personne ne peut imaginer ce que c’était de la vivre.

Elle avait des inconvénients mais aussi des avantages

Exemple indiscutable (d’autres seraient trop entachés de subjectivité)

Au Japon (mais aussi en Angleterre), les gens avaient un esprit féodaliste.
Et ils en vivaient bien, en tous cas pas moins bien. 
Les gueux n’étaient pas propriétaires de leur demeure.
Leur logement était de fonction, attaché à leur « emploi » ou plutôt assignation.

Chacun avait disons boulot à accomplir et bénéficiait d’un logement afférent.

Et bien en cas d’incendie ou de tremblement de terre, en cas de quelque problème sur la maison qu’ils habitaient, ils sortaient leurs affaires personnelles et ne faisaient rien pour sauver la maison. Sûrs qu’ils étaient que le proprio-seigneur-maître allait leur en reconstruire une neuve
ZERO gestion de la maison pour les gueux. Pas de taxes, pas de loyer, pas de plombier à appeler, rien de rien. 


J’ai connu des situations résidu de féodalisme qu’on appelerait paternalisme alors, au Vietnam. Et bien je n’ai jamais vu les gens être stressés, se voir obligés de gérer ou de mieux gérer

Pour vous donner une idée qui devrait vous parler.
Les gueux n’avaient pas de montre, pas même de calendrier. 
C’était donc le maître qui devait les réveiller, leur donner le top du départ au boulot, le top de la pause, le top du retour. 

Dans la plantation de thé de ma grand-mère, il y avait une sorte de gong qui donnait tous les tops au village des ouvriers et c’était le fils de ma grand-mère qui était chargé de ce timing. Les ouvriers n’avaient donc pas la charge de gaffer leur temps et personne ne pouvait les détouner de leur timing (en leur faisant perdre du temps) puisque tout le monde savait qu’on devait suivre le gong.
 
Du coup, au repos du soir, comme c’était un moment édicté repos total par le maître, chacun se mettait au repos total et il était impossible d’exiger de l’un d’eux de faire encore quelque petit boulot supplémentaire à la maison. Repos total de l’esprit, aucun souci, même les bobos de santé débouchaient direct chez le patron. Bin les gens étaient tout le temps de bonne humeur.
Et aucune femme n’aurait eu l’idée d’accuser son mari de manquer d’ambition ou d’être paresseux
Aucun n’était humilié ou ne risquait de l’être. Ils étaient décontractés du gland. 

Ils n’avaient à gérer que leurs adultères 


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