Je vous remercie pour les liens. Au passage, j’ai un grand respect pour les intellectuels africains qui sont trop peu nombreux et qui ont également leur mot à dire dans l’avenir de leur continent. Ils sont en mesure d’expliquer l’état des lieux mieux que je ne saurais le faire.
Je voudrais encore une fois préciser qu’il faut voir la présence de la Chine en Afrique, non seulement sous l’angle des bienfaits et des investissements, mais également sous celui des retombées pour les Africains eux-mêmes. La Chine a une façon de transiger et d’investir, l’Occident a une autre façon de le faire. Il faut également être aussi critique à l’égard de la Chine que nous le serions à l’égard de la France au temps où elle était omniprésente en Afrique.
Il faut pouvoir évaluer tous ces aspects, froidement et sans passion. La Chine n’est nullement préoccupée par les droits humains pour la raison simple qu’elle ne s’en préoccupe pas sur mon propre territoire. Point. Une fois cela dit, il faut analyser maintenant la façon dont elle investit en Afrique et les conséquences de ces investissements : déficit de la balance commerciale, conséquences sur les travailleurs locaux, conséquences sur l’orgranisation du travail, il n’y a rien de bien sorcier à comprendre cela. Ce n’est pas en dénonçant les intellectuels que vous apporterez une analyse plus objective. Nous ne sommes dans un rai
De 24 millions de dollars en 1992, le déficit commercial de Pretoria à l’égard de Pékin a passé la barre des plus de 400 millions de dollars. En septembre 2004, l’une des principales organisations membre de la puissante fédération syndicale Cosatu a ainsi menacé de boycotter les vendeurs de produits chinois, accusés de contribuer à la montée du chômage. Même perplexité sur l’avenue Charles-de-Gaulle à Dakar, où les produits chinois à bas prix - des chaussures aux médicaments - envahissent désormais les trottoirs et les étals, tandis que les ateliers textiles du Lesotho sont menacés par la fin de l’accord multifibre en janvier 2005. En Afrique du Sud, les syndicats se plaignent de la perte de 67 000 emplois en quatre ans dans le vêtement, le textile et la chaussure en raison d’importations bon marché de Chine. En Zambie, des ouvriers des mines de cuivre employés par des entreprises chinoises se sont élevés l’an dernier contre leurs conditions de travail. Pékin a accusé l’opposition zambienne d’être derrière la révolte, mais plusieurs syndicats en Afrique reprochent à la Chine de soutenir des régimes corrompus et anti-travailleurs.
Bis repetita placent : la présence de la Chine sur le continent africain n’a pas que des effets négatifs. Mais elle n’a pas que des vertus ! Les Africains doivent diversifier leurs sources d’investissements et ils ne doivent pas s’en remettre qu’à un seul maître. Ils doivent être maîtres de leurs immenses ressources naturelles et mener le jeu. Et non être menés par l’appât du gain.
L’espace me manque, en conclusion, pour soulever la cupidité des dictatures encore trop présentes en Afrique et de ces familles dites royales qui s’enrichissent honteusement à partir du développement et la coopération.
Pierre R.
Montréal (Québec)