COLRE, je crois que votre problème vient du fait que vous identifiez totalement la parité avec l’accession des femmes à des postes importants. C’est la raison pour laquelle, quand j’écris : « la parité fera probablement plus reculer la cause des femmes », vous lisez « l’accès des femmes aux responsabilités fera reculer la cause des femmes ». C’est une grave méprise, car ce qu’il faut lire est en réalité : « l’accès des femmes aux responsabilités par le moyen des quotas fera reculer la cause des femmes », car c’est exactement ce que la parité signifie. La partie en gras modifie le sens de la phrase du tout au tout.
Vous terminez votre dernier commentaire en m’attribuant un certain nombre de sophismes que je n’ai jamais écrits, pour conclure en vous donnant l’air de balayer mes arguments avec une facilité censée m’humilier. Il est donc assez cocasse de vous voir m’accuser dès le départ de mauvaise foi. En la matière, on est en droit de s’interroger sur qui peut donner des leçons à l’autre.
Quoi qu’il en soit, si vous avez le temps, j’aimerais soumettre à votre réflexion quelques remarques supplémentaires.
Par exemple, je m’étonne de voir, dans votre discours, se côtoyer les notions de parité et de représentativité. Que signifie ce rapprochement ? Accorderiez-vous une importance prépondérante au sexe d’un représentant pour que vous le sentiez représentatif de vous ? Les hommes se sentiraient représentés par tous les parlementaires hommes et les femmes par toutes les parlementaires femmes ? Voilà une idée bien étrange. Pourquoi le critère, ou un des critères, en la matière devrait être le sexe ? Pourquoi ne pas définir la représentativité selon d’autres critères, comme la taille, le poids, la chevelure, de façon à ce que les gros chauves puissent se sentir représentés par les hommes politiques gros et chauves ? Il serait de bon ton de rappeler que l’on n’est représenté par un homme politique qu’en raison du fait qu’il défend nos propres intérêts en tant que citoyen faisant partie d’une classe socio-culturelle déterminée. Il s’agit donc de critères purement économiques et sociaux, et le fait que le représentant en question soit un homme ou une femme n’est d’aucune importance.
Je me permets, à la suite de cette remarque de bon sens, d’enfoncer un peu le clou, et de questionner cette importance accordée au sexe des personnes quand, dans le même temps, une certaine idéologie ambiante aimerait bien nous faire croire qu’un homme et une femme, c’est pareil. Nous voyons cela au sujet de la « théorie du gender » et du mariage homo : selon la première, le genre n’est qu’une contruction sociale qu’on peut déconstruire et modifier indépendamment du sexe, qui n’est qu’une contingence biologique, et les défenseurs du second affirment avec conviction que la parentalité par des individus de même sexe peut très bien être établie comme une norme au même titre que la parentalité classique, c’est à dire hétérosexuelle. Il semble donc que dans ces considérations, le sexe des protagonistes est un détail de peu, voire d’aucune importance. Il paraîtrait même que ceux qui affirment qu’un papa et une maman, ce n’est pas la même chose, et qu’un enfant a besoin des deux pour s’épanouir le mieux possible, sont des réactionnaires ou des intégristes. J’aimerais donc qu’on m’aide à y voir plus clair, et qu’un partisan de la parité, de la « théorie du gender » et du mariage homo m’explique quand il faut accorder une importance au sexe des individus et quand il ne le faut pas. Suis-je réac de penser que le sexe des individus est une composante incontournable des rapports interpersonnels, mais qui n’a aucune importance dans tout ce qui ressort de l’économie, de la politique, de la technique, de la production intellectuelle ? Faut-il que je pense l’inverse ? J’espère que vous pourrez m’éclairer, si jamais vous vous sentez concernée.