Vous aimez le fun, moi aussi.
Je n’ai pas attendu le 8 mars de cette année pour cela. C’était en 2011...Deux ans déjà...
Sardou, lui, avait déjà senti que les choses évoluaient, dans sa chanson « Être une femme des années 80 ». Il l’avait revue dans une nouvelle version dans un « Être une femme de 2010 ».
Sa chanson n’avait toujours pas trouvé d’écho par un « Être un homme ».
Et, la discrimination positive, bordel...me suis-je dit !!!
Un karaoké, avec les mêmes notes, d’« Être un homme », pourrait bien avoir un sous-titre de « Machiste fatigué » :
Dans un voyage en inertie
Que je fais lorsque je m’engourdis
J’ai imaginé sans complexe
Qu’un matin je pensais au sexe
Que je revivais l’étrange somme
D’être un homme
Homme de l’année 2010
Homme qui cherchait le dix sur dix
Ayant réussi tous les charmes
De l’autorité et du vacarme
Homme de l’année 2010
Parfois pigeon, perdu au quiz
Sachant marcher sans armes
Avec sourire et avec charme
Homme dévoreur de sexe
Sans être trop complexe
A la fois sensuel et cynique
En technicien du comique
Homme de l’année 2011
Homme choisi parmi onze
Ayant réussi l’amalgame
Des douceurs et des brames
Être manager en chemise noire
Sans trop cacher son dard
Être notable sans idiotie
Et rouler les patins des hiérarchies
Fortiche au fond de son âme
Avec la peur de voir Madame
Devenir flic ou l’enfoirée de service
Donner l’amour sans sévices
Homme cinéaste écrivain
A la fois poète du romarin
Homme lion sous sa pelisse
Sans argent planqué en Suisse
Maître de forge, moustache fine
Ou contremaître à l’usine
Tenir au matin le crachoir
Et le soir, espérer le dortoir
Homme qui ne serait pas surfait
Ni chauffeur de car ni agent secret
Homme s’épuisant en imagination
A compter la monnaie du pognon
Être major de promotion
Avoir une opinion sans marrons
Champion du monde des montures
Aimer la matrone sans dictature
Fortiche jusqu’au fond du pieu
Qu’on a envie d’appeler Monsieur
En pyjama sans col roulé
Et pas se faire appeler Pépé
Homme facteur du courrier
Homme à l’humour fatigué
Galonnée jusqu’au septième ciel
Sans hôtesses pour couler le miel
Maîtriser un reste de « système »
Laisser le pouvoir suprême
S’installer avec prudence
Et ne plus bander en transes
Homme, pas gardien de prison
Chef d’orchestre sans raisons
Boudeur à corps perdu
Pisteur comme on n’en fait plus
Homme de l’année 2011
Moins pigeon à coup de semonces
Sachant montrer sa flamme
Avec sourire et sans rames
Homme en chaussettes noires
Élégantes à en avoir marre
D’être un général en sortie
Pour retrouver son « sans soucis »
Programmeur ou écrivain
A la fois poète et mannequin
Lion au chaud sous sa crinière
Planqué dans sa chaumière
Homme aux caresses du basset
Homme qui fume le calumet
A la fois sensuel et fumiste
Dans des pensées pluralistes
Être majeur de promotion
Parler sans ceinture marron
Rêver d’un monde, pas trop dur,
Et pas parler contre les murs
Homme gardien de la paix
Chauffeur un peu trop discret
Homme plein d’admiration
Scander ses vers et ses fictions
Laisser toucher aux rennes
A la femme au pouvoir suprême
S’installer à la Présidence
Pour décanter sa romance
Être un homme de l’année 2011
Penser à Brel chantant sans fronces
Pendant, une heure, garder le choix
D’être beau et con à la fois