Vincent
Verschoore
Dans
l’ensemble, votre point de vue concernant la laïcité est tout à fait honorable.
Surtout, votre distinction de la « laïcité
faible » et de la « laïcité forte »
est judicieuse et permet de mieux cerner le concept pour le moins ambigu de « laïcité » qui sert de caution morale aux
démagogues, social-démagogues et sociétal-démagogues. Cependant, votre article
se trouve entaché par une désagréable écorchure en ce qui concerne votre
conception de la dictature. En voici l’extrait :
« Bref, ceci pour démontrer ad absurdum que l’application du
principe “fort” de la laïcité revient à la création d’une
nouvelle religion, concurrente de et semblable à toutes les autres (on
remplacera Dieu par la
Constitution où le Marché, peu importe), dont la recherche d’absolu et le dogmatisme
ne peuvent mener qu’à la dictature et à la ruine intellectuelle. »
C’est une arnaque intellectuelle que d’associer le mot « dictature », sans nuance, à l’horreur
absolue, comme ici à la « ruine
intellectuelle ». On montre ainsi qu’on ne comprend rien au sens des mots
que l’on emploie ou des objets que l’on désigne. Quand on en arrive à ce point,
on témoigne que l’on gît dans les bas-fonds de la « ruine intellectuelle » que l’on croit pourtant dénoncer.
Le mot « dictature »
en lui-même ne renvoie pas forcément à l’horreur, ni à la « ruine intellectuelle » comme pense l’auteur ou comme on pense
généralement. La dictature n’est pas
autre chose qu’un outil de coercition permettant de façonner les comportements
et les mentalités. La dictature est exactement comme une machette. En soi, dans
l’absolu, la machette n’est ni bonne, ni mauvaise, ni plaisante, ni horrible. C’est
un objet quelconque.
Cependant, entre les mains d’un paisible paysan, la machette
devient un outil merveilleux, un outil qui permet de produire de quoi vivre, de
se nourrir et de nourrir la société, de rendre la société heureuse, de créer le
bonheur pour tout le monde. Il ne vient alors à l’idée de personne d’incriminer
la machette en soi, de la tenir en horreur. Bien au contraire, la machette est
un objet vénéré par la société.
Par contre, entre les mains d’un gangster, la même machette
se transforme en un outil horrible, une arme redoutable de pillage, de
brigandage et de massacres, une arme qui sert à plonger la société dans le
désarroi et la désolation. La machette est alors un objet d’horreur, un objet
de peur, un objet à jeter au loin.
On comprend donc l’absurdité qui consiste à parler de
dictature en général, à pester contre la dictature en général, sans
discernement, à désigner la dictature comme l’horreur absolue. C’est ainsi que
procèdent les anarchistes (libertaires), les démagogues et autres fossoyeurs du
bien-être social et moral de la société, les capitalistes et les exploiteurs.
C’est l’intérêt des exploiteurs et leurs griots d’agiter le
chiffon rouge de la « dictature » pour
faire peur au peuple laborieux qu’ils exploitent, dont ils vivent. C’est la
technique des exploiteurs et leurs suppôts de faire croire au peuple laborieux
que toute dictature est à bannir dès lors que c’est une dictature, sauf bien
sûr la dictature des exploiteurs. C’est par cette peur de la dictature, qu’ils exercent d’une
main de fer, que les exploiteurs arrivent à tenir les masses laborieuses en
laisse, à distance, à les maintenir disciplinées sur l’autel de l’abattoir.
Cette supercherie conforte la « ruine
intellectuelle et morale » des masses laborieuses, du prolétariat, sous la
dictée des exploiteurs et leurs griots et kapos.
Non à la dictature des bandits contre la société ! Non à
la dictature des exploiteurs contre les masses laborieuses, contre le
prolétariat ! Non à la ruine intellectuelle et la corruption morale de la
société, produit de la dictature des exploiteurs et leurs griots (anarchistes, démagogues, social-démagogues et autres
idéologues de la bourgeoisie) !
Oui à la dictature de la société contre les
bandits et les trafiquants ! Oui à la dictature des masses laborieuses
contre les exploiteurs ! Oui à l’émancipation totale des masses
laborieuses par la dictature staliniste du prolétariat !