Louphi,
Ce que je lis c’est que vous invoquez la raison contre la religion
alors que vous êtes incapable de proposer un raisonnement en dehors de
votre grille d’analyse marxiste-léniniste, incapable de la dépasser disons de
l« actualiser ». Les marxistes comprennent la religion comme un besoin.
Un phénomène social-> positivisme. Le fait de considérer
qu’il existe un « principe supérieur » comme la raison peut
être vu de toute façon comme une attitude religieuse.
En outre, rien n’a jamais été prouvé quant aux raisons de l’existence du
sentiment religieux existant à travers la conscience humaine. Reich
affirme que les enfants ne croient pas naturellement en Dieu, ça ne les empêche
d’être dans la « pensée magique », dans le « surnaturel ».
Pour certains historiens des religions, « la croyance » ne fait
pas irruption à un moment donnée de l’évolution des sociétés historiques, mais
est bien une composante, de toutes époques, de l’esprit humain.Les positivistes affirment uniquement que tout ce qui ne relève pas du
monde sensible et donc échappe à l’expérience scientifique ne les intéresse
pas.
Les matérialistes (sens marxiste/positiviste) supposent mais
jamais ne démontrent que la matière est autonome...D’un côté ou de l’autre,
nous sommes dans la construction intellectuelle, voire le positionnement
purement idéologique...
Mais peu importe, le plus important à vous lire est votre absence
de renouvellement, de critique même a minima à l’égard d’une pensée
émergeant au XIXe siècle dans un contexte historique bien particulier, inspirée
en outre par la philosophie bourgeoise des Lumières. Et en cela, vous êtes
un CROYANT, un bigot...
Vos positions doctrinaires mais surtout procédés assez malhonnêtes
(accuser l’interlocuteur de prosélytisme avec insistance/répétition quand il ne
fait qu’exposer des faits ) sont assez similaires à ceux des gauchistes
petits-bourgeois qui n’ont que les mots fascistes et nazis à opposer à toute
« pensée » qui s’écarte de la leur (pensée, un bien grand mot pour décrire leur piaillements)... Comportements comparables à ceux des
droitiers évoquant la "menace rouge« , les »100 millions de
morts..." quand il s’agit de critiquer un discours de gauche (oubliant
qu’il existe aussi un anti-communisme dit de gauche)
En outre, un marxiste attaché au mouvement réel de l’histoire
devrait prendre en compte, l’actualité du phénomène religieux. De nos
jours, en « Occident », le christianisme en tant que croyance et
institution a largement reculé. La démocratie bourgeoise, la société libérale
axiologiquement neutre a fait ce travail. Aussi, ce n’est pas parce que Marx a
dit que... qu’un marxiste doit être d’accord avec ce qu’il a dit. Un marxiste
« actuel » s’intéresse au réel, à la réalité sociale, aux rapports capital-travail-production-consommation,
il n’appartient pas à une Église qui se nommerait marxisme. Il est critique. Vouloir contredire son
interlocuteur sur chaque point de son discours parce que encore une fois
« Marx (ou Lénine) a dit que... » c’est uniquement du
« religieux ».
Enfin, prenons l’exemple des sociétés traditionnelles amazoniennes (on
exclut donc la société incaïque) qui sont des "expériences
communistes" bien plus réussies que celles s’étant imposées au sein
des sociétés eurasiatiques. Ces sociétés, selon Pierre Clastres ont empêché
l’apparition de l’Etat, des « chefs » (d’un pouvoir permanent
et coercitif dans tous les cas/ le chef est « prestigieux » mais sans
autorité et révocable) sans que s’impose la nécessité de faire
disparaître le « brouillard du surnaturel » -> existence de
chamanes, place fondamentale réservée au sacré, conservatisme ..."Expériences
communistes" faisant la preuve de l’application possibles des théories
marxistes tout en en montrant les limites de ces dernières. Ces sociétés
montrent la possibilité de l’existence d’une « société communiste »
(ou qui s’en approche fortement), qui à l’épreuve du réel contredisent , de par
leur existence et fonctionnement/organisation, certaines propositions marxistes
dont l’application a justement pour but l’avènement d’une société communiste...
Quant à votre persistance à
faire des Indo-Européens des barbares (sans guillemets), je laisse tomber. Vous
ne faites que mépriser totalement les travaux de Dumézil et continuateurs. Vous
vous référez à des travaux dépassés datant de la fin du XIXe siècle et à des
thèses très critiquées dans les « milieux académiques ». En outre, il
existe d’autres thèses prenant le contrepied de vos thèses non fondées,
soupçonnant que la civilisation égyptienne antique et sumérienne seraient
d’origine indo-européenne... Qui dit mieux ?
Je reviens pour finir sur votre regard sur l’ École vous dites qu’elle sert à
"promouvoir la culture bourgeoise,
la culture de l’exploitation de l’homme par l’homme". On ne doit
peut-être pas s’entendre sur ce qu’est
la culture bourgeoise. Si c’est celle des libéraux libertaires, de cette
nouvelle bourgeoisie inculte et cynique composée des animateurs de télévision, sportifs,
acteurs et chanteurs millionnaires, écrivaillons cooptés par le système, alors effectivement, je vous suis sur la
nécessité de sa disparition.
Ou bien, alors, parlez-vous de cette
culture bourgeoise incluant Platon, Montaigne, Stendhal, Balzac, Céline, Balzac,
Zola (!) etc.,(ou encore l’enseignement des langues anciennes) celle qui
développe l’esprit critique telle que désignée comme cible à abattre par les
inénarrables BOURDIEU et autres pédagogues à la Mérieu ? (La bourgeoisie dominante ante-68 avait au
moins quelque chose à transmettre)
En attendant, des précisions éventuelles, vous n’êtes pas sans ignorer que
depuis le milieu des années 70, la culture littéraire est donc considérée comme
« bourgeoise » grâce entre autres au « remarquable » travail de
sape des deux derniers sus-cités. Autrement dit, l’enseignement du français (on
évite le mot lettres) s’oriente depuis lors vers « l’utilitarisme ». En résumé, la
lecture sert à s’informer, à se documenter. Si c’est cette culture bourgeoise
des « grands textes » que vous voulez évacuer des programmes, l’entreprise est passablement avancée...
et dans ce cas vous continuez à assigner à l’ École un rôle d’aliénation.
En éructant le mot « BOURGEOIS » sans aucune précision, vous ne tenez
(encore une fois) pas compte du« mouvement », de l’évolution des « catégories »....
Vous raisonnez sur des catégories obsolètes et vous devenez (au mieux) une caricature de marxiste.