Bonjour hamid
Il se trouve que le spectacle et l’ambiance que vous décrivez, je les ai vécus aussi, rue Gay-Lussac, où je me suis retrouvé piégé malgré moi, un peu emporté par les événements, sans trop comprendre...J’étais alors étudiant en Sorbonne, et passait souvent par là.
Au milieu de la nuit, l’atmosphère était asse tragique. De folles rumeurs couraient malgré l’ambiance bon enfant. On parlait de négociations entre le préfet Grimaud et le Recteur pour éviter des affrontements. Finalement, l’ordre a été donné de réduire les barricades dans la plus grande confusion, la police frappant sans distinction.
J’ai pu pousser un porte et monter sur le toit d’un immeuble (toit plat en zinc) avec un ami.Mais les Crs suivaient jusque sur les toits. Trouvant une tabatière semi-ouverte, nous nous y sommes engouffrés et atteignirent une cuisine, où une dame d’abord effrayée, nous a conseillé les WC sur le palier, où nous nous enfermâmes. La police passait et repassait dans les couloirs.
Nous finîmes par nous endormir en chiens de fusil.
Au matin, tentant une sortie prudente, nous vîmes un spectacle de désolation, un désordre incoyable : voitures brûlées, etc...Des blessés passaient, la police contrôlait les mains, j’ai réussi à me glisser jusqu’au Panthéon.
Ce fut une date cruciale, qui marqua les esprits. J’ai encore les journaux de l’époque. Quelques jours après, ce fut l’immense défilé pacifique, mais ce ne fut pas la fin...
On n’oublie pas un tel vécu !