Rosemar, bien qu’en comprenant vos réticences, je mets un bémol à vos indignations :
On ne fera plus de différence entre le réel et le virtuel ? C’est déjà le cas depuis longtemps. Notre vie est régie par l’Histoire que l’on enseigne dans les écoles. Pourtant, l’Histoire ne peux pas être objective, elle est forcément tendancieuse, écrite par ceux qui ont gagné la guerre et qui, par ce biais s’efforcent de justifier leurs pires horreurs et les agissement contraires à toute morale raisonnable. En étant tous plongés dans cette vision du passé, on est en pleine virtualité, comme je l’étais en apprenant l’histoire du point de vue communiste dans ma jeunesse, ce dont je me suis rendu compte bien plus tard. La virtualité des Google glass : renseigner sur son environnement via GPS et les bases de données ; elle est bien moins virtuelle qu’un seul cours de l’histoire au collège.
Par contre, l’utilité de ce « gadget » peut être assez grande. Un chirurgien, par exemple, pourra se faire assister par ses pairs de l’autre côté du globe pendant l’opération. Exit le kit main libre, peu pratique pour téléphoner en conduisant. Dans mon travail du relevé architectural, j’ai toujours une main occupé à tenir la camera, l’outil indispensable pour gagner ma vie, j’ai pourtant essayé d’inventer un système de caméra frontale, mais je n’ai pas réussi à trouver un système viable.
Vos réticences ressemblent aux cris des anti-automobile il y a un siècle : « avec ça, l’humain va oublier de marcher ! ». Sauf qu’avant, marcher était une obligation, après, on avait le choix. Quand la technologie d’affichage par projection rétinienne sera devenue standard, vous aurez toujours le choix de visualiser les infos sur un écran LCD ou même sur papier, mais j’espère que vous choisirez librement l’affichage le plus pratique de façon pragmatique, sans que vos choix soient guidés par une idéologie, un conditionnement.
La seule chose que je trouve assez idiote, c’est des commandes vocales. En 30 ans de pratique en informatique, je note que parler est fatiguant, je me suis donc construit pour mon travail un jeu de commandes par simple appui sur une touche de mon clavier et je n’échangerai jamais ce système pour des commandes vocales qui me feront défaut le jour où je suis enroué ou alors dans une pièce avec 10 autres personnes, chacun criant les commandes à l’adresse de son ordinateur. Communication verbale doit rester réservé aux relations humaines, on commande les machines par codes, ou alors par la pensée (une technologie qui sera grand public d’ici quelques années). Le seul intérêt de l’analyse et synthèse vocale est la traduction : avoir sur soi un interprète pour pouvoir échanger les idées en direct avec un chinois ou un pygmée, ce serait en effet un grand progrès.
Quant au fait que tout le monde soit filmé en permanence, c’est déjà le cas. Nous vivons dans un monde hybride entre la vision d’Orwell et celle de Huxley. C’est un fait, il va falloir faire avec. Pour vous consoler, notez tout de même qu’un monde où tout le monde peut espionner tout le monde est tout même moins effrayant qu’un monde où seulement quelques uns éspionnent tout le monde, ces quelques uns n’étant justement jamais controlés.
Donc, Google Glasses, j’attends avec impatience leur utilisation grand public.