En plus des arguments présentés dans votre article, je voudrais ajouter/développer deux points :
1 / La caractéristique principale de Bayrou et de l’UDF, c’est le non sectarisme, c’est-à-dire le refus de rejeter en bloc tout ce qui vient de l’autre camp, d’un autre candidat, d’une autre candidate. C’est la reconnaissance que l’autre peut avoir de bonnes intentions, de bonnes idées. On peut combattre des analyses, des propositions sans rejeter la totalité de ce que disent et pensent leurs auteurs. C’est cela la tolérance, la condition première d’un véritable rassemblement, mot dont tous se réclament mais que peu pratiquent vraiment. Car comment se prétendre « rassembleur » en ne faisant que jeter l’anathème sur l’autre, en critiquant tout sur l’autre et en « rassemblant » les siens plus « contre » l’autre que « pour » ses propres idées ? Cette logique négative est le pire mal de notre démocratie française. Le seul qui en sorte, c’est F. Bayrou. Je crois même qu’il devrait aller plus loin dans ce sens.
2 / Cette tolérance, cette recherche des solutions efficaces de quelque provenance qu’elle soit sont d’autant plus importants que nos problèmes sont complexes et interdépendants : la question de la dette a des impacts, entre autres, sur le problème des retraites et du chômage, la fiscalité est liée à la question européenne,... Quand on analyse objectivement et complètement tous nos problèmes, nous nous rendons compte que la marge de manoeuvre de la France est limitée et que les solutions possibles sont peu nombreuses et proches les unes des autres. Laisser croire aux Français que les problèmes sont simples, indépendants et qu’il existe un grand éventail de solutions est démagogique. C’est pourtant ce que font les extrêmes, mais aussi les grands partis (UMP et PS). Sur ce plan le comportement de Bayrou est nettement plus honnête, même si électoralement c’est dur à gérer. Il faut du courage et de fortes convictions pour l’assumer. Mais c’est aussi ce qui différencie Bayrou des autres et lui attire les électeurs qui poussent leurs analyses plus loin que la plupart des gens. Je crois qu’il devrait être plus explicite sur ce plan en expliquant plus longuement chaque problème, dans sa complexité, ses ramifications et ses risques d’effet boomerang, avant de présenter les solutions.