En dehors de ses options politiques, avec lesquelles on peut ou pas être d’accord - et je le le suis pas systématiquement - , Bayrou a l’immense avantage dans cette campagne d’apparaitre d’abord comme un homme. Il a des convictions (fortes), des interrogations, des doutes (qu’il ne cache pas), un cheminement, des compétences (et des manques). Bref c’est un être humain, un mec normal en gros, avec ses cotés sympas et ses cotés énervants.
Face à lui, Sarkozy et Royal apparaissent d’abord - avec plus de bonheur pour l’un que pour l’autre - comme les représentants de partis, comme les portes-paroles totalement déshumanisés. Ils sont les produits d’appel, parfaitement marketés, de leurs chapelles respectives. On peut adhérer à leurs discours, on ne se reconnait pas pour autant dans les personnages qu’ils incarnent. On a fait d’eux des enseignes, et ce faisant on leur a ôté à tel point leur part d’humanité qu’ils en sont réduit à être obligé à l’affirmer en permanence (Sarkosy et ses « souffrances », Royal et ses maternités). A les regarder s’agiter, on a l’impression d’observer les mouvements saccadés de ces poupées pour enfants « qui parlent ! ». Bayrou (mais c’est valable aussi d’autres candidats dont on parle moins) n’a jamais besoin d’affirmer qu’il est aussi, lui, un être humain. Il nous ressemble. C’est pour cela qu’il attire l’empathie, là où Sarkosy ou Royal attireront (ou pas d’ailleurs) adhésion, soutien, mais jamais empathie.