Bonjour Armelle,
Il est un chemin dérobé, loin des villes, des bruits et des modes.
Chemin qui vous est familier pour évoquer un homme singulier.
Tu m’as dit si tu m’écris
Ne tape pas tout à la machine
Ajoute une ligne de ta main
Un mot un rien oh pas grand chose
Oui oui oui oui oui oui oui oui
Ma Remington est belle pourtant
Je l’aime beaucoup et travaille bien
Mon écriture est nette est claire
On voit très bien que c’est moi
qui l’ai tapée
Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire
Vois donc l’oeil qu’à ma page
Pourtant, pour te faire plaisir j’ajoute à l’encre
Deux trois mots
Et une grosse tache d’encre
Pour que tu ne puisses pas les lire.
Extrait
« Du Monde entier, Au Coeur du Monde »
Poésie/Gallimar
Peu d’affinité quant à la forme avec le baroudeur boulimique et sa clope.
Passé le stade de l’antinomie de surface, on peut être attendri par cet homme
de maman écossaise et de père helvétique voué aux grands voyages.
Poète atypique, troquant l’introversion du refuge isolé pour l’envol.
Cependant, pour l’avoir pratiqué à mon niveau, les expéditions ferroviaires
et transatlantiques représentent de longues semaines qui lui permettaient
sans doute de consigner sur la feuille ce qu’il avait expérimenté.
L’expérimentation du sol, de la terre, de la nature...il avait cultivé le cresson,
entrepris l’apiculture avec passion, en somme, un coeur paysan.
C’est manifestement un poète écrivain extraverti qui se nourrit du monde
et des gens. Comme les abeilles qu’il connaissait bien, il parcourait
les espaces, elles pour un aller simple, lui pour aller mais écrire,
elles donnaient à la ruche, lui s’alimentait de la vie des hommes.
Au fond, Blaise Cendras cumulait en lui la personnalité de l’abeille ouvrière
mais également de la reine de la ruche...sa machine à écrire était sa ruche.
Merci de m’avoir permis de sortir de mon aquarium un moment.
Contrairement à notre héros Blaise ma planète est minuscule.