Un orchestre celtique peut-il s’accommoder d’une muse qui
cornerait les feuilles ?
Un enregistreur quatre pistes donne-t-il le bon itinéraire
pour une meilleure audition ?
La symphonie du nouveau monde est-elle le vestige d’un
ancien temps, ou annonciatrice d’un temps plus avenant ?
Pourquoi dit-on « battre la mesure » alors qu’il y
a d’autres chats à fouetter (en peau de paille) ?
Le leader d’un groupe doit-il connaitre tous les lieder de
Schubert ou rester dans les choux, man ?
La musique manouche doit-elle supporter cette appellation ou
revendiquer qu’elle est savante ?
Pourquoi la contrebasse se fait-elle discrète alors qu’elle
met tout le monde d’accord ?
La clef d’ut est-elle redevable de quelque chose ou bien la
mauvaise réputation brasse un peu l’affaire ?
La musique sacrée créée-t-elle des liens plus fort si elle
est jouée dans un silence d’église ?
Si l’on casse une corde en plein concert, faut-il
s’interrompre ou poursuivre arqué ?
Pourquoi dit-on dit jouer à la feuille alors que les
feuilles mortes se ramassent à la pelle tout en suivant une cadences bien
précise ?
L’oreille absolue répond-elle aux règles de la relativité
générale ou doit-elle suivre son instinct ?
Faut-il jouer à l’économie dans un concert où les places
sont hors de prix ?
On parle souvent de premier violon, mais sans les autres de
quoi serait-il le premier ?
Doit-on renoncer à exercer ses dix doigts et à solfier,
quand d’autres illettrés surpassent accidentellement de deux doigts ? (Hommage à Django)
L’art de la fugue est-il un bon moyen d’esquiver l’art
monnaie d’un contrepoint ?
Pourquoi parle-t-on de file indienne alors que la musique
hindoue se joue en tailleur et en cercle ?
La direction musicale indique-t-elle la bonne marche à
suivre ou laisse-t-elle des plages libres ?
Les barres de mesures permettent-elles de prendre les bonnes
alors que Grieg s’en était affranchit ?
Pourquoi dit-on reggae en Jamaïque et raga en inde alors que
toutes deux parlent de liberté ?
En parlant de liberté, peut-on qualifier de brouhaha les
« quatre minutes trente-trois
secondes de silence » de John Cage ?
La musique compressée ne s’adresse-t-elle qu’aux gens qui
n’ont plus le temps de l’écouter posément ?
Faut-il continuer jouer avec son cœur quand l’auditeur
n’écoute que d’une oreille (non-avertie) ? (L’auditeur est l’auteur, pas
le professeur et il ne hait pas).
Pourquoi certains disent-ils que d’autres jouent telle
musique sans émotion, alors que la musique par essence c’est de
l’émotion ?