« Cause à effet »
Ce que critique ce monsieur, si je comprends bien, sont les risques que la femme enceinte, exposent à la vue de l’homme. Et qu’au titre plus largement, d’objet du désir, elle puisse le « déranger » dès qu’elle met le bout de son nez dehors, à moins sans doute d’être vieille et toute fripée, ou recouverte de la tête au pied. Quoique, si on tient compte de tous ses critères de réprobation, la laideur d’une femme âgée ou la démarche trop courbée d’une autre pourrait aussi la forcer à rester chez elle. Alors, je me dis, pourquoi ne pas répondre au problème en sens inverse ? Une meilleure solution, pour enfin régler durablement cette affaire, ne serait-elle pas d’enlever le désir que provoque la femme chez l’homme ? Car, c’est bien en l’occurrence l’homme, ici, qui a un problème et non la femme ! Comment d’ailleurs pourrait-on reprocher à une femme d’être enceinte et comble de tout, de ne pouvoir cacher physiquement son gros ventre ? ... Supprimons plus simplement et radicalement cette terrible envie en l’homme ! Libérons-le de ce foutu Handicap ! ... Oui, oui, je vous vois sourire ... L’homme, le pauvre, ne fait que se contraindre à ne pas réagir à des appâts qu’on lui tend et ne peut être en rien responsable dans cette affaire. On ne pourrait encore moins lui reprocher de ne pouvoir rester maître de ses sens, dans certaines circonstances ...
Ah bon ?? Mais alors, d’où vient le fait que la femme soit enceinte ou pas ?
Comme le dit si bien la formule, il n’y a pas d’effet sans cause, ni de cause sans effet.
L’homme, ne serait-il pas la cause indirecte de l’effet naturel que provoque la femme sur ses sens ?
Effacer la femme du lieu public, ne leur apporte qu’une solution hypocrite.
Nous dirons donc, qu’il ne peut y avoir de cause en soi s’arrêtant à la femme, puisque si la cause détermine l’effet, elle est elle-même déterminée par une autre cause et est conséquemment, cause et effet. Car et avant tout, si la femme est grosse, c’est bien parce que l’homme l’a mis enceinte qui est donc à l’origine de cet effet. Ce qui revient finalement à dire par déduction : si l’homme supprime la femme enceinte de la vie publique, il en vient par les liens insécables de cause à effet, à se supprimer lui-même. Soit, l’imposture de ce monsieur révèle ni plus moins son idiotie, car ici, comme au commencement de tout, ce n’est point son Dieu supérieur qui a mis sa femme enceinte, mais lui-même et il devrait en être fier, heureux et non jaloux d’une cause suprême qu’il fantasmerait.