(re)bonjour alinea,
Je dis « re » parce que l’on s’est rencontrées sur l’article « Chomsky ». A ce propos, je ne voudrais pas que vous vous imaginiez que je vous ai fait une quelconque leçon. J’ai dit ce que je pensais, c’est tout. Je conclue de votre réponse que vous considérez Chomsky comme un « aide à penser » et non comme un « maître à penser » et c’est très bien ainsi. Moi aussi d’ailleurs. voilà.
Bon, revenons à votre article
C’était mieux avant ? Avant quoi ? Avant notre naissance ou avant notre maturité ?
Je crois que nous ne devrions pas trop regarder les photos jaunies de notre jeunesse, de la jeunesse de nos parents ou grands parents. Nous ne savons rien de la situation REELLE de la société car les livres d’histoire sont automatiquement partiaux. Les souvenirs, les écris d’autrefois sont souvent enjolivés, enrubannés, parfumés aux fleurs fanées de la jeunesse, confits dans un réseau de sentiments divers, d’amour ou de haine.
Bien entendu, l’odeur du bois dans la cheminée, la soupe cuisant sur la cuisinière, notre enfance modeste où l’on faisait tout nous-même : peler les châtaignes pour le cochon, tricoter foulards et chaussettes, aller chercher de l’herbe pour les lapins, tout cela à un goût d’enfance, d’adolescence. Mais c’est intrinsèquement personnel.
La nostalgie est normale, humaine et même salutaire. Mais je ne crois pas que l’on puisse dire objectivement « c’était mieux avant ».
Il est vrai qu’il y a foule de choses modernes aujourd’hui qui ne servent à rien. Mais il y a aussi cet ordinateur sur lequel je vous écris présentement. Il y a ma voiture (si vieille soit-elle) qui peut me conduire à Alès ou dans les forêts de Lozère pour cueillir des champignons. Il y a le Lévothyrox que je dois prendre à vie à cause de Tchernobyl (autrefois, il n’existait pas et beaucoup de vieilles femmes de chez nous avaient un goitre qui déformait leur face, etc.
Voyez, si l’on fait le compte, je crois que nous sommes gagnantes sur nos aïeules...
Mais ce n’est que mon sentiment.
Ma grand mère, qui s’était mariée en 1900 disait : « c’était mieux avant »
Mon père, né en 1910 disait : « c’était mieux avant »
Je crois que c’est une sensation universellement partagée car nous vieillissons et notre jeune vigueur d’antan nous quitte.
Ah, alinea, comme dit mon vieux voisin (bien plus vieux que moi...) : « faï mitchan si faïre viel »
Bisous.