Salut, Paul.
Gaston Couté s’est effectivement intéressé de près à la vie
sans être tout à fait paysan. Même chose en Auvergne pour les poètes Arsène
Vermenouze et Camille Gandilhon Gens d’Armes.
Les convois exceptionnels (pour les moissonneuses-batteuses)
existent toujours et il n’est pas aisé de les rencontrer sur certaines petites
routes de montagne.
Tu écris « Maintenant,
chaque fermier a tout son équipement moderne, plus besoin de solidarité. »
Cette tentation a été vraie un temps, mais au vu des difficultés qu’elle a
engendrées ici et là, les mentalités ont évolué. C’est cet impératif de
mutualisation et de rationalisation des coûts qui a conduit certains paysans,
souvent des cousins, parfois des voisins, à se regrouper au sein d’une Gaec.
Pour ce qui est du bétail, même dans ma famille, les cousins
sont passés à la traite automatisée. Leurs vaches, regroupées dans une étable
en stabulation libre, sont appelées une à une dans le couloir de traite tel que
tu le décris. A une différence près : l’un des exploitants doit impérativement
se trouver là, d’une part pour nettoyer les tétines de la vache et placer les
trayons, d’autre part pour intervenir en cas d’incident. Contrairement à ce qu’on
pourrait croire, les vaches apprécient ce mode de traite, et il n’est pas
besoin de les forcer à entrer dans le couloir lorsque vient leur tour. Côté
horrible de la chose : cette habitude doit aider à les abattre lorsque, en
fin de course, c’est dans le couloir de la mort d’un abattoir qu’on les fait
pénétrer.
Bonne journée.