On ne
sort pas de soi seul. Ni collectivement. Mais d’abord savoir :
soi ou moi ?
moi, je pense ; si, on peut sortir de « moi » , élargir ses horizons, la motivation et le déclic pour le faire ne sont peut-être que l’instinct de vie : pour moi le suicide est cette impossibilité de sortir de soi, par la curiosité, l’amour, l’humour, la dérision, ce que vous voulez
La limite n’est qu’une fixation vitale momentanée sur un passage
infranchissable.
j’aime bien ça ! mais je ne suis pas sûre que ce soit toujours vrai car en cas de névrose, cette fixation de limite, au contraire, est mortifère. Du reste les limites ne sont pas fixées par nous, la seule chose que nous puissions faire c’est tenter de les repousser un poil ! mais quand on voit ce qu’il faut d’entraînement pour un dixième de seconde !
L’ordre est désormais considéré comme
une limite inhumaine bouchant un horizon désiré démesuré.
inhumaine, dans le sens douloureux, insupportable ? sinon je ne vois pas
Pourquoi confondons-nous désormais infini et démesure ?
Comment avons-nous « fini » par croire que l’infini était
une absence de mesure ?
Je ne suis pas sûre que l’on confonde et je ne suis pas matheuse mais il me semble bien que l’infini est sans mesure !
Mais
comme l’oisillon ou même l’aiglon, il faut se jeter dans le vide, du
haut de la rassurante falaise du moi. Ce n’est pas l’espace qui
manque, c’est le Souffle, la Confiance. Cette lumière, qui à
certaines heures étranges du jour seulement, fait qu’on accepte tout, ouvert,
par delà le pire. Cet espace-là, c’est la face heureuse de
l’absence de limites, le temps d’un instant enfin libéré de la
peur.
Vous vous rendez compte, cette absence de limite, dans la fusion avec le grand Tout, à quel point elle est rare ?
Sinon, je vois beaucoup de prison intérieure, mais ce n’était pas mon sujet, qui était plutôt, alors, l’illusion, l’arrogance, la non-conscience...