Par « changer d’attitude », je parle de tous les Français, pas uniquement du Gouvernement même si (et c’est normal) il a valeur d’exemple. Tous les Français cela signifie les salariés, les fonctionnaires, les syndiqués, les non-syndiqués, les syndicats (qui ne sont pas forcément représentatifs des syndiqués...), les enseignants, les patrons, les législateurs, les magistrats, les partis politiques, les citoyens et les autres. Pour l’instant, par crainte de l’avenir, par manque de projet politique, nous tous avons le sentiment d’aller dans le mur, d’où les crispations sur les zacquis et les (rares et petits) privilèges de chacun : qui un emploi statutaire, qui un statut social, qui la satisfaction d’un pouvoir, qui... Il me semble, pour les fréquenter quelque peu, que les pays voisins sont plus détendus que les Français sur l’avenir. Ils n’y voient pas trop clair non plus mais on a l’impression que la méthode pour construire cet avenir existe (en Allemagne, en Espagne, en Irlande, en Scandinavie, en Angleterre pour ce citer que les plus proches).
Ce qui m’étonne en France, c’est « la constipation » si vous me pardonnez l’expression, tant de « sérieux » dans toute chose, tant de méfiance viscérale envers toute idée non référencée dans le corpus médiatique, envers tout profil original, envers tout ce qui n’est pas « dans la norme » ou bien « étiqueté », tant d’exégèse littérale de ce qu’on dit, dans le même temps que les mots sont pris à la légère, comme de grands fourre-tout, du style « libéralisme », « socialisme », « réforme », et j’en passe.
C’est pourquoi je pensais qu’en restant dans le concret, en regardant entre 2001 et 2005 comment deux pays proches, aux identités marquées, ont réagi à la crise financière puis terroriste, d’après une étude menée par des fonctionnaires français (donc non soupçonnables de rouler pour qui et quoi) pouvait surgir une discussion sur ce que l’on pourrait faire ici ou là. Malheureusement, on touche aux limites du média, me semble-t-il, les « commentaires » sont plus des réactions que des propositions, des mesures d’écart à une « ligne » partisane prédéfinie que des idées à explorer. Très « réactionnaire » en somme, au sens de la méthode socratique. Et (je ne parle pas de vous) il ne suffit pas de se dire « de gauche » pour y échapper.