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Commentaire de argoul

sur Economie : pourquoi les Anglais réussissent-ils mieux que nous ?


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argoul (---.---.18.97) 31 mars 2006 14:56

Intéressant article en 2 parties que vous nous proposez-là. Ma critique porte sur deux points :

1/ cet article cherche à démontrer qu’il existe un « modèle » alors que (voir commentaire plus haut), il n’y a pas de modèle figé mais la façon pour chaque société, à chaque génération, de répondre aux questions posées par l’histoire qui survient. La conclusion de l’article, sur le « nécessaire pragmatisme » est en revanche tout à fait conveable.

2/ la démonstration s’appuie exclusivement sur l’économie et, pire, sur le seul « mesurable », malgré une salutaire critique des chiffres et un essai de combiner les mesures. Or la mentalité de la société, et la psychologie de la génération aux commandes sont tout aussi importantes que les mesures brutes, parfois peu comparables entre elles.

Je note quelques éléments là-dessus : le PIB par salarié montre l’avantage productif des salariés français mais omet bien évidemment de préciser qu’il ne s’agit QUE de ceux qui travaillent, laissant donc de côté tous les chômeurs (la France n’y est pas à son avantage).

Le revenu « net des contributions » est utile si l’on compare deux ménages de même taille et de même statut social mais, pris en globalité, il ne dit rien du rapport coût/avantage des diverses prestations facultatives ou obligatoires. En France on vous prélève d’autorité et on place votre cotisation vous ne savez où (la Sécurité Sociale englobe maladie, vielliesse, famille, prévention, que sais-je), sans que vous n’ayiez aucun contrôle sur ce qui est fait de cette cotisation. Quand celle-ci est volontaire (ou obligatoire mais avec choix comme en Suisse), vous savez où vous mettez cette cotisation et vous pouvez surveiller comment elle est gérée et à quoi elle sert. Grosse différence !

Attractivité d’un pays : il n’y a pas que la fiscalité ou la « docilité sociale » qui compte dans la décision d’investir d’une entreprise étrangère ; il y a surtout la position du territoire (la France, plus centrale, est mieux placée que l’Angleterre) ; la langue (l’anglais est plus utilisé internationalement que le français, encore qu’avec les accents plus typés en Angleterre qu’en France, je me demande s’il s’agit encore d’un avantage. Pour l’Inde sûrement, pour la Cornouaille ou le pays de Galles, pas sûr) ; le terrain disponible, donc sa cherté pour l’implantation joue sans aucun doute (la France, plus vaste et moins habitée a un avantage sur l’Angleterre, de même que sa forme assez carrée plutôt que longiligne pour les transports) ; les services collectifs (trains, crèches, allocations chômage en cas de licenciement) jouent aussi, mais surtout pour le secteur tertiaire où la qualité de la vie est la prime qui permet d’attirer les grosses pointures internationales (la France a d’incontestables atouts avec son climat, sa nourriture, sa vie culturelle, etc.). Si l’investissement étranger est plus fort en France récemment, c’est surtout parce qu’il était resté très en retard durant les années Mitterrand et Jospin (législation sociale et fiscale en constantes modifications), et que la création + la réussite de l’euro précipitent les décisions maintenant (la France a plus d’atouts que l’Allemagne, avec une démographie plus jeune et est + centrale dans la zone euro que l’Italie ou l’Espagne) ; le nombre d’étudiants, autre critère de l’article, ne fait en rien la qualité de la formation, on le voit bien dans le débat actuel (à cet égard, si nous avons d’excellentes Grandes écoles reconnues internationalement, nos universités ne sont vraiment pas à la hauteur).

En bref, l’argument qui me paraît le meilleur de ces deux articles que vous citez (et que je conseille à chacun d’aller lire) est d’ordre psychologique : la simplicité fiscale et la constante de la règlementation.

Une entreprise (étrangère ou non) qui veut s’implanter en France et y embaucher, apprécie que les règles du jeu ne changent pas tous les ans ou selon le « bon plaisir » de chaque gouvernement. Peu important les contraintes globales in fine, ce qui ne va pas c’est la bougeotte. Et là, c’est une confirmation des questions soulevées par l’étude de l’INSEE.


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