« Sauf que le voile est plus obscène que le naturisme. »
@Epicure
Excellente remarque. Dans le monde civilisé, on n’a jamais vu sur les plages ou dans les piscines, là où les femmes sont plus qu’à moitié nues, les hommes leur sauter dessus comme font les bestiaux dans les prairies. Dans les écoles de dessin où on étudie l’anatomie et où les femmes qui viennent poser nues sont en général plutôt belles, l’enjeu est de saisir ce qui fait l’humanité du modèle et son intériorité, et non pas la représentation d’un chiffon rouge sexuel destiné à l’excitation des taureaux.
A contrario, la fonction du voile réduit la femme à son sexe. Tout voile appelle un dévoilement érotique au moins imaginaire ; c’est le vieux thème de la danse de Salomée dans la tradition picturale. Chez un individu quelque peu civilisé, le passage dans la rue d’une femme très légèrement vêtue éveille un sentiment esthétique des plus légitimes, et pas nécessairement un rut irrépressible ! En revanche, lorsqu’on croise une femme voilée, on se demande nécessairement ce que qu’il y a dans le sac, et ce qu’il y a dans le sac, ça ne peut être qu’un sexe. La femme voilée n’est plus que cela, et des pieds à la tête. On ne peut concevoir un processus de réduction plus systématique ni plus parfait. C’est aussi gênant et même répugnant que peut l’être pour une femme la rencontre dans un coin sombre du pauvre type qui exhibe son matériel.
Bref, le voile, c’est le tout-sexuel, l’obsession sexuelle généralisée. On pourrait même pousser le paradoxe jusqu’à dire que les nudistes dont vous parlez et dont parlait aussi Deneb, d’un certain point, font preuve d’une certaine forme de puritanisme. N’exagérons pas quand même !