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Christian Labrune

Christian Labrune

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  • Premier article le 06/02/2012
  • Modérateur depuis le 31/07/2013
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Derniers commentaires



  • Christian Labrune Christian Labrune 19 juillet 16:34
    Si on ne croit en rien , ce en quoi on a le droit , on fonde sa vie sur quoi ?
    ================================
    @Amaury Grandgil

    Il n’y a aucune preuve certaine de l’existence d’un monde. Tous les philosophes se sont cassé les dents sur l’hypothèse solipsiste de Berkeley, et ce n’est pas la physique moderne qui nous prouvera qu’il existe quelque chose. Elle connaît des équations, qui permettent de calculer des phénomènes physiques, mais on sait très bien depuis l’école de Copenhague qu’au-delà de ces formalismes très abstraits, la question de savoir s’il existe réellement quelque chose n’a aucun sens. Dès Husserl, la phénoménologie s’efforce, pour décrire le plus exactement possible ce qui arrive à la conscience, de mettre entre parenthèses (épochè) la notion de réalité : elle n’a pas de sens.
    Effectivement, au jour le jour, nous faisons comme si nous pouvions croire qu’il existe un monde. Diogène Laërce rapporte cette légende amusante mais très instructive : il arrivait à Pyrrhon de tomber dans la boue d’un fossé. Il y restait englué, doutant s’il existait un fossé et même un Pyrrhon. Il fallait que ses disciples le tirassent de cette fâcheuse posture. On ne peut pas se comporter ainsi dans la vie quotidienne. On fait COMME SI il existait un monde, mais la question des fondements que vous évoquez n’est plus de saison depuis bien longtemps. On ne peut rien fonder. Mais cela n’empêche pas de penser ni d’agir, ni même de se conduire selon un certain nombre d’exigences morales.
    Tous le monde connaît la phrase si souvent citée de Dostoievski dans Les Frères Karamazov  : « si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Elle est parfaitement idiote, cette phrase, et il faudrait dire plutôt le contraire : si Dieu existe, tout est permis.
    Qu’importe le fait que, pour un oui ou pour un non, j’égorge mon semblable s’il y a un Dieu ? L’instant d’après, il sera accueilli dans l’autre monde, et s’il n’a pas été un monstre, on lui servira du coca-cola et des pâtisseries à l’entrée du paradis. La phrase qu’on prête au moine Amaury lors du siège de Béziers : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens », est parfaitement acceptable dans l’hypothèse où existerait le dieu chrétien. A l’hérétique trucidé, assurément, ça va faire très mal, mais il ne l’aura pas volé. Le pauvre chrétien, en revanche, que je viens d’embrocher, souffrait peut-être de cors aux pieds ou de maux d’estomac. J’ai abrégé ses souffrances, et le voilà plus tôt que prévu aux portes de la Jérusalem céleste. Il aurait tort de se plaindre.
    S’il n’y a pas de dieu, en revanche, et que je tue mon prochain, il n’y aura pour lui aucune compensation. Il aura cessé d’être, pour une éternité qui dure très longtemps, et surtout vers la fin comme le faisait observer je ne sais plus quel humoriste.


  • Christian Labrune Christian Labrune 19 juillet 15:57

    Amaury Grandgil : "Quant à moi je doute de tout sauf de ma foi.

    « Oncle Archibald : »On peut cent fois tourner en rond, on arrive toujours à la même conclusion : il n’y a que la foi qui sauve.

    Vous permettrez à un catholique athée mais très pointilleux sur la question de l’autorité de la Sainte Eglise catholique, apostoliquet et romaine, de vous faire observer que vous êtes tous les deux en train de tomber dans l’hérésie que Lamennais développe dans son Essai sur l’indifférence en matière de religion. Elle porte un nom, cette dangereuse hérésie, c’est le fidéisme, et il fut très sévèrement condamné par Rome en 1838. Cette erreur est bien antérieure à Lamennais. La position du sceptique Montaigne, dans L’Apologie de Raimond  Sebond était déjà une forme de fidéisme, mais dicté davantage par un esprit de tolérance (on ne peut pas argumenter contre la foi) que par un élan mystique éprouvé par lui-même.

    L’ambition de l’Eglise a toujours été de faire droit au fides quaerens intellectum (la foi en quête de l’intelligence) d’Anselme de Cantorbery (XIe siècle) que récupérera très bien la Somme théologique de Thomas d’Aquin deux siècles plus tard. C’est qu’on ne peut quand même pas tenir pour négligeable et inutile ce prodigieux travail théologico-philosophique qui avait accouché du symbole de Nicée-Constantinople, et qui est le pilier central du dogme catholique. Rappelons que c’est en 325, lors du concile réuni à Nicée par Constantin, que la divinité de Jésus, fils incréé de Dieu, est enfin tardivement définie et que l’arianisme fait l’objet d’une condamnation radicale. Pour « prouver » que Jésus est bien le fils de Dieu, la foi ne suffit pas. On utilise alors la métaphysique de l’UN de Plotin qu’un Porphyre très anti-chrétien (l’histoire a de ces bizarreries) avait mise à la mode pour définir le dieu en trois hypostases qui DOIT nécessairement faire la gloire et le soutien (du moins, je l’espère !) des chrétiens actuels.

    Pour mémoire, le symbole de Nicée-Constantinople :

    Nous croyons en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles.

    Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait ; qui pour nous hommes et pour notre salut est descendu des cieux, s’est incarné par le Saint-Esprit, de la Vierge Marie et s’est fait homme ; qui en outre a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, a souffert, a été enseveli et est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; qui est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père, d’où il viendra avec gloire juger les vivants et les morts ; dont le règne n’aura pas de fin.

    Et l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Ainsi-soit-il.



  • Christian Labrune Christian Labrune 19 juillet 10:28
    Amusante hiérarchisation des actes abominables !
    ================================
    @oncle archibald
    Je vous accorde qu’il aurait mieux valu inverser l’ordre des termes, et que la formulation est un peu malheureuse. Je l’avais bien vu, mais la paresse m’avait induit à penser qu’on ne le remarquerait pas. Je veux bien, comme Trump après sa rencontre avec Poutine, aller à Canossa.

    Cela dit, je suis désolé de devoir peut-être vous l’apprendre, mais il n’y aura pas de jugement dernier. Je ne vois pas qu’un Dieu responsable de tant d’horreurs dans l’histoire puisse être jamais en état de juger quiconque. Vous allez me dire que ce sont les hommes qui responsables, pas Dieu. Il n’empêche, si vous voyez un gamin qui est en train de se noyer parce que ses parents ne l’ont pas surveillé, vous ne vous direz pas, en le voyant glisser vers le fond : ce sont les parents qui sont responsables, et pas moi qui suis passé par hasard au bord de la rivière. Vous n’êtes pas tout-puissant, l’eau est si froide qu’un bon nageur pourrait y laisser sa peau, mais vous tenterez quand même quelque chose. Dieu, non : il n’en a rien à foutre.


  • Christian Labrune Christian Labrune 19 juillet 09:14
    C’est que justice que la france disparaisse et de la pire et ignoble, ainsi qu’humiliation possible.
    ============================
    @pallas

    On dirait que ça ne va pas très bien. Vous devriez vous reposer un peu.


  • Christian Labrune Christian Labrune 19 juillet 08:50
    ADDENDUM

    le véritable athée, héritier d’une longue tradition sceptique, n’a aucun mal à entrer dans la vision du monde d’un chrétien,
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    La meilleure preuve que j’en pourrais donner, c’est que je suis assurément le seul intervenant sur ce site - où il se rencontre pourtant des chrétiens -, qui puisse se prévaloir d’avoir souvent été témoin des apparitions de l’Immaculée Conception dans la grotte des Buttes-Chaumont. La première fois, je dois l’avouer, je n’en étais pas très sûr, mais à force de répéter le même récit, m’inspirant des exercices spirituels d’Ignace de Loyola qui préconise d’imaginer avec la plus grande précision le lieu, le paysage, et le moment de telle ou telle scène de l’histoire sainte, j’ai désormais un souvenir très précis de ces apparitions, et des dialogues auxquels elles ont donné lieu. Je me garderai toutefois d’en avertir l’évêché : on refuserait de me croire.
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