Voici
quelques conseils pour vous protéger :
1.
Avant d’utiliser un outil, posez-vous la question de qui l’a fabriqué
et de ses objectifs.
Les
services de Facebook et Google sont gratuits mais ils doivent bien
gagner de l’argent ce qui signifie donc qu’ils vendent vos données.
Utiliser Gmail par exemple revient à autoriser Google à scanner
tous vos mails et donc établir un profil très détaillé de vos
goûts, habitudes et contacts. Utiliser Facebook ou Google + revient
à leur donner votre carnet d’adresses.
Autre
exemple, Chrome est un navigateur fabriqué par Google. A éviter
donc quelques soient ses autres (grandes) qualités. Internet
Explorer vient de Microsoft et donc souffre du même défaut. Parmi
les grands navigateurs, cela ne laisse guère que Firefox qui est
écrit par une fondation à but non lucratif (américaine).
Vous
avez le système d’exploitation qui fait tourner votre ordinateur et
qui voit tout ce que vous faites y compris lorsque vous n’êtes pas
connecté à Internet. En gros, le choix grand public se résume à
Windows 8, Max ou Linux. Windows 8 est un espiogiciel qui cherche à
vous lier à un compte Microsoft à chaque fois que vous installez
une application (exemple Skype) et intègre de base un filtre -pour
notre sécurité bien entendu- qui envoi le nom des logiciels que
vous installez sur votre PC à Microsoft (Smartscreen).
Mac est écrit par Apple autre société épinglée
pour son respect toute relatif de la vie privée de ses utilisateurs.
Reste Linux qui souffre de deux défauts : il est décliné en
tellement de versions que c’est compliqué de s’y retrouver et il y a
moins de logiciels grands public que Windows ou Mac. Ceci dit, cela
reste le plus fiable des trois en matière de sécurité car le code
étant publique, il est plus difficile d’y introduire une porte
dérobée pour vous espionner. Remarquez que je dit "plus
difficile« , pas »impossible". Le code source comprend
tellement de lignes que toutes les combinaisons ne peuvent pas être
testées.
Votre
ordinateur est fait d’une multitude de composants et certains peuvent
aider à vous tracer : le processeur est par exemple
probablement Intel ou AMD qui sont toutes les deux des sociétés
américaines et qui proposent des outils
antivols nécessitant d’identifier le processeur. Cela peut être
utile en cas de vol mais aussi pour vous tracer si « on »
a accès à la bonne technologie.
Si
vous utilisez un téléphone, c’est encore pire car les deux
principaux systèmes d’exploitation sont Android (=Google) et Apple.
Vous
devez aussi penser au réseau que vous utilisez pour accéder à
Internet. Par exemple votre employeur peut techniquement tracer tous
les sites web que vous visitez lorsque vous êtes sur le réseau de
l’entreprise. Il est possible de rendre l’analyse difficile en
passant par des proxys, essayer Tor ou d’autre techniques mais comme
toutes les trames passent par le même tuyau, il peut toujours
enregistrer et essayer de déchiffrer. Ce n’est pas forcement légal
en fonction du pays ou vous vous trouvez mais c’est faisable. Même
principe pour les points d’accès Wifi des aéroports, gares et
centre commerciaux.
Votre
fournisseur d’accès Internet à priori sera plus le moyen le plus
fiable pour protéger votre vie privée mais n’oubliez pas que la loi
l’oblige à garder les logs de vos connexions pendant un an au moins.
C’est lui qui fournit votre adresse IP et comme elle peut être fixe
(=elle ne change jamais même quand vous redémarrez votre box) ou
dynamique (=elle change à chaque fois que vous redémarrez votre box
ou modem), la justice a besoin des ces informations en cas d’enquête.
Cela empêche soit dit en passant les sites de vous associer une fois
pour toute à une adresse IP car ils n’ont pas la correspondance.
C’est pour cela qu’ils utilisent les cookies et les pseudos.
2.
Appliquez quelques astuces pour éviter d’être tracé par Google,
Facebook et consort :
-
Vous
utilisez Linux et Firefox avec l’extension
BetterPrivacy qui supprime les cookies (text ou Flash) une fois que
vous avez quitté le site et vous apparaîtrez toujours comme un
nouvel utilisateur, pas comme quelqu’un revenant régulièrement sur
le même site.
-
Vous
utilisez un service de VPN
(payant,
pas gratuit) qui vous fait apparaître avec une autre adresse IP.
Tor est aussi une option
mais c’est lent.
-
Vous
supprimez votre compte Facebook
-
Vous
cessez d’avoir un mail gmail, hotmail, yahoo et consort. L’email de
votre FAI est une option -imparfaite car ce sont des sociétés
commerciales aussi- ou vous pouvez prendre un email chez des
prestataires payants qui se rémunèrent sur l’achat du service
mail, pas sur la revente de vos données (OVH
par exemple).
Il
y a des techniques d’identification comme le profil de votre
navigateur qui ne sont pas couvertes par ces quelques conseils mais
cela n’est pas encore très utilisé. Vous volerez donc sous la
plupart des radars commerciaux.
Si
vous voulez vous protéger de la NSA (par exemple si vous travaillez
chez Alcatel), c’est beaucoup plus difficile. Il est possible de
construire un système d’exploitation propriétaire -les Indiens ont
lancé un tel projet pour leur défense il y a quelques années- et
de n’utiliser que des ordinateurs maisons (genre Raspberry)
mais cela demande des efforts largement au dessus de ce qu’un simple
particulier peut faire. Vous devez aussi vous méfier des téléphones
portables (Android= Google, iPhone = Apple) et il leur est encore
possible d’infiltrer les employés de votre société. Bref, c’est
toute une organisation qui doit faire face, pas juste un individu
d’où la nécessité d’avoir nos propres services de
contre-espionnage. Le problème, c’est justement de s ’assurer
que ces mêmes services n’abusent pas eux aussi.
La
meilleure des protection que nous puissions avoir est donc le
contrôle démocratique sur nos services secrets. De ce point de vue,
la NSA me préoccupe moins que les services français qui me
préoccupent eux-mêmes moins que les services chinois ou russes pour
lesquels il n’y a aucun contrôle du tout. Un militant anti
gouvernemental dans un de ces pays a fortement intérêt à regarder
du coté de Tor, Freenet
et/ou d’un VPN soigneusement choisi en se connectant d’ailleurs que
de chez lui, jamais sur le même ordinateur, et en utilisant un
système
d’exploitation portable.
Attention,
aucun de ces quelques conseils n’est une protection absolue. Les
techniques évoluent (DPI
par exemple, découvertes de nouvelles failles de sécurité tous les
jours) et les possibilités de traçage sont tellement nombreuses que
personne ne peut prétendre toutes les connaître. Il y a donc des
moyens de rendre le flicage plus difficile mais aucun d’être
certain de ne pas être fliqué du tout.