La comparaison que fait l’auteur de cet article sur les taux chomage en Angleterre et en France, et les conclusions qu’il en tire sont absurdes. Si le chômage est moitié moindre en Angleterre qu’en France, c’est avant tout parce que ce pays a mis en place une politique systématique de précarisation, de sigmatisation et de culpabilisation du chômeur. Les chômeurs anglais sont peu indemnisés, le moins de temps possible, et l’équivalent anglais de l’ANPE les pousse sans ménagement à retrouver du travail, quitte à les obliger à accepter des salaires et des conditions de travail les plus dégueulasses. J’ai vécu récemment en Angleterre et j’y ai connu des prolos qui bossaient 45 heures par semaine pour un revenu mensuel équivalent à notre RMI. Si en France on supprimait le RMI, diminuait drastiquement les ASSEDIC et forçait les concernés à accepter des salaires et des conditions dignes des temps de Zola, c’est sûr qu’il n’y aurait plus alors que 4,7% de chômage en France. Plutôt que de mendier, se prostituer ou crever de faim, une bonne moitié de nos chômeurs se remettrait à bosser.
La seule question qui vaille est donc celle-là :
Vaut-il mieux toucher le RMI en France ou bosser, pour le même revenu, 9 h par jour à tondre sous la pluie le gazon de Hyde Park ?