Déjà, l’addiction est un mot anglais.
En français, on parle de dépendance, ou mieux, d’assuétude.
Assuétude vient du latin adsuetudo (« habitude »)
mot construit ainsi :
1° adsuesco (verbe : « s’accoutumer à, s’habituer à »)
2° adsuetus (participe passé de adsuesco : « accoutumé à, habitué à »)
3° adsuetudo (le préfixe -udo transforme le participe passé en nom/substantif :
« fait de s’être accoutumé à, fait de s’être habitué à »)
adsuesco se construit ainsi :
préfixe ad-, préfixe indiquant le rapprochement, la proximité, le renforcement.
la racine suus « sien », « son »
suffixe -esco « propre, qui appartient, » (en français -esque)
adsuesco marque l’idée d’orienter son quant-à-soi dans une certaine direction« .
adsuetudo désigne donc le fait d’avoir orienté son quant-à-soi dans une certaine direction, donc une habitude personnelle.
Un mot proche est »consuetudo", qui a donné en français « la coutume », habitude collective. Accoutumance est d’ailleurs un mot alternatif à assuétude.
Addiction viens aussi du latin, mais ce mot y désigne une « adjudication », « la vente aux enchères du débiteur insolvable ».
L’assuétude consiste donc en une habitude, et ce billet traite en particulier de la vilaine habitude de s’intoxiquer (la toxicomanie). Une habitude est quelque chose que l’on a pris à un moment du temps pour certaines raisons, mais que l’on conserve par simple automatisme, par empirisme : c’est comme si l’habituation avait gravé quelque chose en nous, qui finit par renforcer encore le besoin d’habituation. En fait, c’est gravé en négatif, c’est un manque.
Il y a encore l’aspect maniaque (toxicomaniaque) qui marque l’aspect non raisonnable de l’habitude.
S’être habitué à la prise d’un produit psychoactif finit par faire perdre l’habileté biologique de produire soi-même les neuromédiateurs apportés par ce psychoactif. C’est un peu comme celui qui reste longtemps alité et qui peine à marcher, ou celui qui fut longtemps dénutri qui peine à manger.
Cette habitude viciée résulte donc en fait en une perte d’habileté, autrement dit
une débilité (debere étant le contraire de habere en latin).
Et c’est là que l’on retombe sur le mot d’addiction : la débilité étant à l’habileté ce que la dette étant à l’avoir, celui qui a voulu en avoir plus qu’il n’en pouvait a fini par en devoir trop et donc « l’addict » paye sa dette : il lui manque quelque chose.
La drogue est donc un chemin vers une débilité pathologique.
Maintenant, pour en venir au coeur de votre sujet, à savoir la répression où le soin :
Il faut voir que le soin des dégâts causés par la drogues sont lourds, très long, et généralement très inefficaces. On ne peut pas soigner les inaptitudes des tissus cérébraux héritées de pratiques déviantes comme l’on soignerait un microbe. Étant donné que la prise de drogue dépend de la volonté du sujet, mais que le sujet à sa volonté déréglée (c’est-à-dire réglée sur la prise du toxique), dans les cas d’une toxicomanie profonde, le soin est en fait quasiment impossible, il y a à la limite la stratégie du substitut.
En vérité, donc, le soin impossible, les toxicos sont perdus.
Ils vivront le reste de leur vie cahin-caha, entre HP, médoc,...etc
Fichue vie...
La meilleur prévention en ces matières est donc de ne jamais commencer.
La répression est donc la meilleure des préventions.
Il faut absolument réprimer la jeunesse pour qu’elle ne commence pas.
Pour les toxicos profonds, il s’agit de trouver des stratégies de soin qui les handicapent le moins.