"Vous verrez dans la rue et dans les transports un incroyable panel
de ’jolies filles’. Essayons de démêler un peu le vrai du faux, et de
faire la part de la légende. Le type nordique domine, au moins à SP et
Moscou) et ces demoiselles sont plutôt élancées et presque toujours
sveltes. Même si les babouchkas sont depuis longtemps bien en chair, la
société russe n’est pas encore concernée par l’obésité comme peut l’être
la société américaine et comme commence à l’être l’Europe et la Chine.
Les Russes gardent dans l’ensemble un mode de vie sain. En outre les
femmes sont toujours soucieuses d’être en beauté et ne négligent rien,
elle choisissent leurs vêtements, peaufinent leur maquillage. Si négligé
il y a, il est toujours calculé. En outre ces demoiselles quand elles
ont des avantages n’ont pas peur d’en faire profiter le badaud. Les
minis ne sont pas rares en plein hiver dans les grandes villes, avec un
bon pull, une fourrure, une chapka une paire de bottes. L’effet est
saisissant, certaines jeunes femmes russes n’ont ni froid aux yeux ni
froid au c... pour notre plus grand plaisir.
La prostitution, qui existe certainement comme partout, n’est pas
visible dans la rue. Nos provocantes beautés sont juste de belles filles
et il ne faut pas s’y tromper. Pour le consommateur fuyant la loi
française j’imagine qu’un arrangement est possible avec les directions
des grands hôtels ou grâce à un « service d’escort » par Internet mais
je n’ai aucune info sur ce point.«
Donc, où l’on apprend que ce qui intéresse le russophile type, ce n’est pas du tout la Russie ou les russes, ce sont les jeunes filles russes.
Ce sont ces nouvelles »Sonia« qui intéressent ce nouveau Svidrigaïlov, ce satyre qu’est le soi-diant »russophile« à l’heure actuelle... (voir Crime et châtiment)...
Alors, bien sûr, après avoir tiré son coup dans une pauvresse jolie mais complètement soumise au double spectre du pouvoir et de l’argent, le prétendu russophile va se faire le chantre de la vertu et fustiger l’occident décadant ...Où, d’ailleurs, les jeunes filles ont tendance à se laisser aller. Non, en Russie elles font attention à leur ligne, soucieuse de plaire : »la
société russe n’est pas encore concernée par l’obésité comme peut l’être
la société américaine et comme commence à l’être l’Europe et la Chine« et »ces demoiselles quand elles
ont des avantages n’ont pas peur d’en faire profiter le badaud« . Pas de commentaire.
Comme de juste, après le développement sur les nenettes faciles à lever de la place rouge, vient un petit paragraphe sur la bonne bouffe... Logique, on a toujours une petite faim après ! Mais, évidemment, notre guide du jour (et entremetteur), ’Abou Antoun’ n’a »aucune info sur ce point« .
Puis, on passe au retour de la religion, à la beauté des églises (qui n’est pas à vanter), et à des idéaux élevés, aux grandes »ambitions« de ce pays innovant résolument orienté vers l’avenir [sarcasme].
Quel tableau ! Mais, honnêtement, le côté TOURISME SEXUEL ne fait pas grand chose pour rendre cette grossière potemkiniade crédible.
Donc, si l’on rentre dans le fonctionnement de cet article de propagande, c’est-à-dire les boutons psychologiques sur lesquels appuie l’auteur, on trouve :
_ L’ordre : société conservatrice, solide, sentiment religieux, pouvoir fort...
_ Le sexe et les plaisirs : la bonne chère, les petites lolita coquines et soumises, possibilités d’arrangement avec la direction de l’hôtel...
_ L’idéal ! Ambition, progrès, avenir !...
Quel cocktail détonant et contradictoire ! Mais il faut ce qu’il faut...
Ouvrez vos bouquins, la dictature nazie ne procédait pas autrement : les »Trois K" (Kinder, Küche, Kirche = enfants, cuisine, Eglise = travail, famille, patrie).
La vérité ? La voilà toute nue : vous vous fichez des destinées des
Russes, vous n’êtes préoccupé que par vos propres avantages, ceux que
vous espérez retirer d’une accointance avec le pouvoir.