Je ne
doute pas de vos bonnes intentions, mais plusieurs choses
m’interpellent.
Traditionnelle
? elle a été lancée très localement en 1999, il faut garder leur
sens aux mots, on ne peut pas parler de tradition.
Quand
les gens connaissaient leurs voisins il n’y avait pas de fêtes des
voisins, quand les gens organisent des fêtes de quartiers ils n’ont
pas besoin qu’on leur impose la date, et il y a des endroits où les
gens parlant à leurs voisins font chaque année une fête de
quartier quand il fait beau parce qu’on peut se mettre dehors, en se
mettant d’accord entre-eux.
La
multiplication de ces « jours de » me fatigue, ils sont
à la mesure de l’absence de véritable relationnel et vivre-ensemble
de notre société, de considération pour l’existence des autres. A
cette allure on pourra bientôt éditer des calendriers avec en place
des noms des saint/es, les « jours de ».
Maintenant
concernant les personnes en difficulté et les sdf, ce qui n’est pas
la même chose :
Contrairement
à la stigmatisation permanente des personnes « pauvres »,
celles-ci majoritairement cherchent à cacher leur situation, et vous
ne serez certainement pas au courant de leurs difficultés, ensuite
cela revient à faire 2 catégories de voisins, les normaux et ceux
en difficultés.
Quand
aux sdf il faudra aller les chercher, ils sont rarement dans votre
quartier, pour faire la manche ils seront dans les rues commerçantes
et ensuite se replier hors de vue. Et puis quoi ensuite ? on invite
un sdf à un repas une fois l’année et ensuite on le renvoie à
sa rue alors qu’on ne lui aurait pas fait un salut ou donné une
pièce en le croisant dans les rues du centre ? Et s’il lui
venait l’idée de taper ensuite à votre porte à un temps que vous
n’avez pas « choisi » sera-t-il le bienvenu ?
Et si
vous étiez dans la rue que penseriez vous de ce genre d’initiative
?
Évidemment
que personne individuellement ne peut prendre en charge une misère
générée toujours plus grande pas la société. Mais justement
cessons de nous donner bonne conscience à peu de frais, œuvrons
pour la changer cette société. N’en déduisez pas que je m’en fous,
je donne dans la rue, avec quelques mots et un sourire, et jamais
moins d’1€ même si mes revenus sont légèrement inférieur au
SMIC, individuellement c’est tout ce que je peux faire et je suis
toujours extrêmement mal à l’aise lorsque la personne concernée se
confond en remerciements, parce que depuis des heures ils voient
défiler des gens qui ne leur accordent même pas un regard même la
plupart de ceux/celles qui leur donnent quelques sous.
Tant
que nous (enfin pas moi et d’autres) considérerons comme « normal »
une société d’asservissement où le seul objectif de la majorité
est de faire partie de ceux qui exploitent et spolient de leurs
droits à l’existence les autres pour se prétendre supérieur aux
autres, la misère ne cessera de croître et rien ne pourra
l’endiguer. Et je suggère d’aller voir sur le bloc « greek
crisis » (en français) ce qui se passe en Grèce pour
comprendre où cela nous mène. Ceci étant dit c’est pas mieux au
Portugal, en Angleterre, en Espagne et en Italie, même en Allemagne
ça craint en terme de paupérisation, mais étant nulle en langues
étrangères et n’ayant pas connaissance de blogs en français
concernant la situation de ces pays, je n’ai pas de sources locales à
citer.
Désolée c’est un peu long, et je relis pas sinon je vais pas le poster 