Reste une question. Un doute. Un obstacle entre François Bayrou et l’Elysée. Un écueil à éviter pour franchir sans ambages la haie du premier tour. Reste en effet la question suivante : l’aventure du centre, telle qu’il nous la propose, est-elle bien raisonnable ? Gouverner avec des gens de gauche et de droite, d’accord, mais lesquels ? Qui sont les ralliés ? Et ceux qui rejoindront ce nouveau Président après son élection seront-ils crédibles ou viendront-ils simplement manger à la soupe du nouveau pouvoir ? Que se passera-t-il aux législatives de juin ?
Il me semble que cette question est le dernier verrou à faire sauter pour libérer complètement la candidature Bayrou de ses dernières chaînes, pour la faire sortir définitivement de la zone de la surprise pour entrer dans celle de l’évidence, celle du bon choix comme disait en son temps un autre centriste célèbre. Pour être plus précis, il y a me semble-t-il dans cette question deux sujets différents :
- un sujet que je qualifierai de politico-technique : comment faire pour traduire un élan présidentiel en majorité gouvernable ?
- et un sujet, disons, politico-philosophique que l’on peut exprimer de la façon suivante : le centrisme n’est-il pas dangereux en soi, en ce sens qu’il supprime tout débat et donc finalement toute démocratie ? ne favorise-t-il pas inévitablement à terme l’irruption des extrêmes, seules oppositions réelles face à un ventre mou ou un trou noir absorbant toute la matière politique traditionnelle ?