"Le matin
du 8 mai 1945, à Sétif, petite ville située à l’ouest de Constantine, un cortège
de sept à huit mille personnes conduites par deux cents scouts musulmans se
dirige vers le monument aux morts pour célébrer la victoire. Surgissent alors,
dans la foule, des drapeaux algériens interdits, des banderoles "Libérez
Messali, Algérie indépendante« , »Vivent les Nations unies", accompagnés de
cris.
Le
sous-préfet appelle la troupe qui dresse un barrage en attendant que soient
retirés les drapeaux. La police tente de s’en emparer.
«
C’est le signal de la bagarre,
écrit le général
Henry Martin, qui commande alors le 19e corps d’armée à Alger,
des coups de feu
éclatent ; les manifestants se répandent dans la ville, assaillant à coups de
feu, de couteau ou de bâton les Européens rencontrés...
On
entend « Tuons les Européens ! », les femmes poussent des youyous
d’encouragement... »
Jardiniers, commerçants, employés, colons, un directeur d’école même : les
victimes tombent, atrocement mutilées. Le maire de la ville, socialiste, est
tué, le chef de la section locale du parti communiste a les deux poignets
tranchés. L’émeute va s’étendre pendant deux semaines d’ouest en est, du
Constantinois jusqu’à Guelma."
http://www.algerie-francaise.org/temoignages/setif4.shtml