La fiction a cela de bien qu’elle n’est pas plus soumise à un impératif de réalisme dans le cinéma ou la littérature que le peintre n’est contraint de ne peindre que le réel.
On peut toujours démarrer un univers sur un présupposé loufoque. Ce n’est absolument pas grave du moment que l’univers créé conserve sa propre cohérence, ce qui, parfois, n’est même pas le cas d’un récit qui se veut réaliste.
Il m’arrive assez régulièrement de regarder des films sans aucun background, c’est à dire sans me préoccuper d’en connaître quoi que ce soit, même pas l’intrigue ou le réalisateur. J’aime bien réserver ainsi un regard totalement neuf et non influencé sur une œuvre que je découvre au fur et à mesure qu’elle se déroule. Je n’ai donc pas regardé un film d’Abel Ferrara mais un film de fin du monde, un de mes genres de prédilection.
Perfect Sense, à l’opposé de 4h44, est un film totalement abouti et cohérent de bout en bout, qui maitrise parfaitement la matière première narrative de l’essentiel de la production de fictions : l’exploration de l’« âme » humaine.
The Road est excellent et effectivement pas très recommandé aux natures mélancoliques, mais il est un film postapocalyptique et non pas un film de fin du monde.
Et pour finir, dans un monde affranchi de la nécessité, il est probable que beaucoup de gens n’auraient plus avec les psychotropes que des relations récréatives et que beaucoup des gamins qui vivent de cette économie pourrait se construire une autre vie.