Tout à fait d’accord pour séparer la monnaie de stock de la monnaie de flux. Il viendrait pas à l’idée d’un électricien de mélanger les Volts et les Ampères. Il serait d’ailleurs bien incapable de construire la moindre régulation avec une seule unité de mesure. Je qualifierais plutôt la monnaie de stock de monnaie de potentiel car si elle n’est pas la richesse, elle permet d’en créer.
Pouvoir mesurer la richesse est le meilleurs moyen d’en créer. Dans la confusion actuelle, nous ne savons pas si la monnaie est utilisée pour faire de la création de richesse ou faire de la prédation de richesses existantes. Or les mécanismes de création monétaires basé sur les prêts rend le coût de la création exorbitant relativement au coût de la prédation. Il devient nécessaire de disposer de capitaux permanents ou quasi-permanents pour la création et uniquement pour la création. On peut changer les règles de l’Euro ou introduire de nouvelles monnaies en concurrence de l’Euro avec des intentions économiques différentes et complémentaires. Les Suisses vivent bien depuis 80 ans avec le Franc WIR en complément du Franc Suisse (10% du PIB suisse et 70000 entreprises qui utilisent le Franc WIR).
Le Bitcoin est un peu à l’image du dollar. Il ne vaut que par la confiance des utilisateurs. Ils n’y a de contreparties ni d’un côté ni de l’autre et l’anonymat est aussi bien préservé pour le Bitcoin que pour le billet vert qui reste encore la première monnaie du trafic de drogue. Reste tout de même que le dollar a une banque centrale qui tente d’éviter les fluctuations et le Bitcoin n’en a pas. De toutes les monnaies virtuelles (il y en a plus de 400), le Bitcoin me semble la plus intelligente, car toute son émission est faite uniquement pour financer la puissance de calcul nécessaire au suivi des transactions. Pour l’utilisateur, le Bitcoin est gratuit alors que les banques nous font payer le coût du suivi.
La monnaie qui nous sortirait de la crise n’est pas le Bitcoin, mais reste à créer. Il faut une création monétaire permanente émise en échange du capital des projets d’investissement ou des prêts à taux 0 pour les créateurs. Cela implique un organisme de contrôle et de régulation qui vérifie le bon usage de la monnaie. On peut imaginer une monnaie fondante (une sorte de taux d’intérêts négatif) pour faire financer le système par ceux qui n’ont pas dettes et limiter l’inflation.