Les archives et les articles de font sont toujours éclairant quand on à affaire à une couleuvre politique !
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Le tournant idéologique des années 1990
Défenseur de la libre entreprise et d’un
conservatisme moral sans fard, Le Pen exaltait son modèle américain
d’alors en la personne de Ronald Reagan. Dans un contexte international
encore marqué par la guerre froide, le FN prônait un anticommunisme
virulent qui le poussait au ralliement atlantiste, meilleur rempart
selon lui face à la menace soviétique. Tous ces éléments, associés à une
xénophobie anti-arabe et musulmane, auraient pu laisser présager un
ralliement naturel à la coalition alliée lors de la guerre du Golfe en
1991. Quelles sont les raisons de ce revirement ? Pour comprendre la
volte face de 1990, il faut revenir aux répercussions de la chute du mur
de Berlin dans la mouvance de l’extrême droite française.
Tirer de :
Le Front national et les guerres contre l’Irak [1/2] : les raisons inattendues du soutien à Saddam Hussein .
http://tempspresents.com/2008/12/01/le-front-national-et-les-guerres-contre-lirak-12-les-raisons-inattendues-du-soutien-a-saddam-hussein/
Géopolitique du Front National
http://tempspresents.com/2014/08/25/geopolitique-du-front-national-nicolas-lebourg/
Le FN a-t-il déjà formulé aussi clairement sa doctrine internationale ?
Jusqu’à la chute du mur de Berlin, le
parti se reconnaît dans le bloc occidental, mais il est divisé sur la
question israélienne. Avec la guerre contre l’Irak en 1991, il s’aligne
sur les positions de l’extrême droite radicale : il y aurait un
mondialisme dont le bras armé serait un impérialisme américano-sioniste.
Face à lui, les extrêmes droites européennes, les nationalistes laïcs
arabes et les islamistes constitueraient un front du refus. Depuis dix
ans, le FN mixe sans grande cohérence la tentation occidentaliste contre
l’islam (avec des tentatives de rapprochement à l’égard d’Israël) et
l’orientation à l’Est (en ayant les yeux de Chimène pour Poutine). Le
texte de Chauprade est un effort de rationalisation.
Comment l’éloge des régimes autoritaires arabes s’accommode-t-il du soutien à Israël ?
Depuis François Duprat, ex-numéro 2 du FN
assassiné en 1978, le soutien aux nationalismes arabes fait partie de
la culture des extrêmes droites françaises. Mais cela allait de pair
avec un antisionisme radical. Désormais, Chauprade applique le principe
de Carl Schmitt, juriste allemand et référence essentielle de la pensée
géopolitique des extrêmes droites : définir l’ennemi principal et en
tirer toutes les conséquences. Or, Chauprade nous dit que l’islamisme
sunnite est l’ennemi principal. D’où ces alliances diverses – jusqu’à la
défense de la Ligue de défense juive (LDJ). Cela ne passe pas pour les
« antisionistes » Alain Soral ou Serge Ayoub, mais cela fait la joie de
Riposte laïque ou des Identitaires. Le discours géopolitique sert aussi à
cela : donner un habillage rationnel à des pulsions idéologiques
et permettre une synthèse de courants.
D’où vient le tropisme russe de l’extrême droite française ?
L’orientation prorusse était défendue par
une partie de l’extrême droite allemande de l’entre-deux-guerres, qui
voyait dans Moscou un allié souhaitable face à l’Occident libéral et
matérialiste. Après la chute du mur, ces thèses ont été redécouvertes
dans les extrêmes droites européennes pour s’opposer au nouveau monde
unipolaire.
La thèse d’un changement de population
évoquée par Chauprade vient initialement des milieux néonazis qui, à
partir des années 50, voyaient là l’œuvre du complot juif pour instaurer
une dictature ploutocratique mondialiste. Et appelaient donc à
l’alliance avec l’URSS et/ou la Chine maoïste. Bref, contre le
mondialisme, Russie et Chine représentent la multipolarité. Et Poutine
pousse les mouvements d’extrême droite en Europe au nom de
l’affaiblissement du bloc libéral.
Quels sont le contenu et les limites de cette « civilisation chrétienne » évoquée par Chauprade ?
L’idée d’une « Europa Occidentalis » naît au XIIe siècle. Aux XVII-XVIIIes, on a l’idée qu’il y a l’Etat chrétien de « civilisation » comme antithèse de la « barbarie ». Au XIXe,
les Européens définissent des civilisations hiérarchisées, ce qui
rationalise les politiques coloniales. Ici, l’expression est floue mais
permet de mettre ensemble l’espace orthodoxe eurasiatique et l’espace
occidental. Elle donne une cohérence propre et un sens identitariste à
ce qui, sinon, eût trop ressemblé à un alignement sur la Russie.
On a là un propos qui parle aussi bien à
monsieur tout-le-monde – avec des marqueurs nationaux et religieux qui
évacuent les arabo-musulmans – qu’aux chapelles de l’extrême droite
radicale : la réflexion sur une articulation géopolitique entre Eurasie
et Occident est un élément central de ses débats depuis plus d’un
demi-siècle.
On ne pas plus être claire votre article est de la roupie de sansonnet !