Un article qui pose des questions :
Ça sonne faux
Editorial | 23. septembre 2014 - 8:52
Par Kamel Moulfi
Dès son annonce, l’enlèvement a soulevé des premières interrogations qui
font planer le doute sur cette action terroriste. Comment se fait-il,
en effet, qu’un professionnel de la montagne aguerri, c’est le cas de le
dire, puisse se laisser aller aussi facilement vers un piège qui saute
aux yeux, puisque la zone concernée est connue pour avoir été le théâtre
de nombreux enlèvements commis par les groupes terroristes dont
l’éradication n’a pas encore été menée à son terme ? Ou alors était-ce
le terrain le mieux indiqué pour une telle opération, si elle a été
préméditée ? Comment expliquer le temps mis pour diffuser l’information
alors que des témoins de l’enlèvement, ceux qui accompagnaient le
Français, n’ont pas été retenus par les ravisseurs ? Les acteurs
français, politiques et médiatiques, sont entrés dans l’événement pour
amplifier sa dimension. L’enlèvement du Français n’a pas dérogé à la
règle de la revendication qui lui donne sa signification et à
l’ultimatum lancé pour concentrer l’attention sur cet acte criminel.
Dans tous les cas, c’est visiblement moins la France que l’Algérie qui
est le pays visé dans une tentative de la rendre vulnérable au
terrorisme et de porter atteinte à la stabilité qui la caractérise et
qui fait sa différence avec les autres pays de la région. Les plus
profanes d’entre les observateurs n’hésitent pas à considérer cette
opération comme une volonté cachée d’amorcer le retour du terrorisme en
lui créant des motivations en rapport avec ce qui se passe hors de nos
frontières. Les spécialistes y voient un acte qui sert parfaitement
l’obstination de Paris à entraîner notre pays dans la guerre contre
Daech, introduit chez nous dans ce but.
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