« Quand l’ascenseur social est bloqué ; quand les jeunes issus des classes dominées n’aperçoivent aucun moyen d’échapper à leur condition, c’est-à-dire à celle de leurs parents ; quand les riches continuent de s’enrichir tandis que les pauvres continuent de se paupériser(...) alors le populisme apparaît. Il n’est pas le fruit de la misère, mais de l’inégalité des chances. ». Cette citation est extraite du livre de Jacques Julliard « Le malheur français » (Café Voltaire. Flammarion). Cette phrase fonctionne aussi bien avec le mot « populisme » que « violence » ; les deux étant souvent liés.
Oui, l’ascenseur social est en panne. Et je crois que le mal vient de là.
Dans la société française, le racisme social est devenu la règle et où l’école républicaine de plus en plus élitiste ne remplit plus son rôle d’ascenseur social.
J’entendais à la radio tout à l’heure des reportages optimistes sur ces jeunes des cités qui ont créé leur entreprise, ou obtenu un BAC+5... mais combien sont-ils ?
Moi non plus, je n’excuse pas le moins du monde les actes de violence(d’autant que ce sont les habitants de ces quartiers difficiles qui sont les premières victimes). J’essaie de comprendre d’où vient le mal pour nous donner une chance de le soigner.
La cité et les mauvais quartiers ne sont qu’un symptôme du mal français : c’est notre société tout entière qui est en train de se gangrèner. Et si nous ne réagissons pas de façon constructive -et urgente- si nous persévérons dans le déni de vérité et l’immobilisme (notre leitmotiv : surtout ne changeons rien !) c’est la branche sur laquelle nous sommes assis -en équilibre- qui va finir par rompre.
Notre rêve américain à nous c’était l’égalité des chances. « Liberté, égalité, fraternité » : quel sens donner à ces mots aujourd’hui ? Qu’avons-nous fait de notre rêve républicain ?