Bonjour Kalmac,
Je suis heureux qui tu
suives ma chronique et que tu prennes le temps de me faire ces objections. Je
vais donc essayer d’y répondre le mieux possible.
« la fonction de réserve de valeur ne doit pas être érigée en
dogme. Sinon, les fourmis font des tas de monnaies, parfois sur plusieurs
générations. Monnaie qui inévitablement fini par manquer aux autres pour leurs
échanges et mener à une raréfaction non nécessaire et dangereuse. ».
Dans une certaine mesure,
ce que tu dis est vrai. Néanmoins, la raison qui me pousse défendre les propositions
d’Aristote peut se résumer très simplement : Il existe des fourmis riches
et des fourmis pauvres.
Or, lorsque l’on attaque
la problématique des inégalités patrimoniale sous l’angle monétaire (notamment en
pratiquant une forte inflation pour faire fondre les sommes épargnées), on pénalise
toutes les fourmis, y compris les pauvres (notamment les petits vieux qui ont
économisés toute leur vie dans un appartement pour espérer passer leur retraite
dans une petite maison de campagne.)
Le problème des 1% vs 99%
relève d’une injustice sociale effroyable que nous devrons résoudre mais la
solution monétaire ne m’apparaît pas comme une bonne solution. De plus, nous
devrons également résoudre la cause de ce problème : le système capitalisme
favorise, dans son fonctionnement, la concentration et l’accumulation du
Capital. [Je m’arrête ici pour éviter de spoiler]
Bref, pour une raison de
justice sociale, je crois qu’il préférable de ne cibler que les « fourmis
riches », notamment par l’imposition directe de leur patrimoine et de leur
transmission de patrimoine.
« la quantité de monnaie peut augmenter raisonnablement sans pour
autant réprimer la part de fourmi en nous. La fourmi travaillera dur et
conservera les fruits de son travail qui peuvent être bien autres choses que de
la monnaie : maisons, terrains ... »
Oui, elle « peut »
augmenter raisonnablement. Mais le doit-elle ? Demande-toi bien à qui
profite ce fatalisme de l’inflation. Qui à intérêt à stimuler le Travail
artificiellement à l’aide d’un subterfuge monétaire ? Qui a
intérêt à justifier les taux d’intérêt que nous payons aux banques par ce « fatalisme
de l’inflation » ?
« asseoir une monnaie sur les matières premières me parait
arbitraire. D’ailleurs je n’ai pas bien compris ce qui se passait dans le cas
ou une économie dépend à 90% du pétrole et que nous en consommons les dernières
gouttes : il faudrait créer de la monnaie ou en détruire ? »
Dans l’idée que je me
fais d’une monnaie idéale, dans un système politique idéal, on ne créé pas plus
de monnaie que l’on en détruit :
La seule « création
monétaire » se fait à l’occasion des investissements publics (validés de
manière démocratique…) avec un plan d’investissement qui prévoit (à l’avance)
les impôts qui rembourseront l’investissement, c’est-à-dire les impôts qui « détruiront
la monnaie » à l’occasion du remboursement de l’investissement.
Bref, pour revenir à ta
question, une monnaie assise/indexée sur les matières premières ne devrait pas
se « créer » ou se « détruire » en fonction des ressources
disponibles. En revanche, si la quantité de pétrole disponible diminue (son
prix augmentera certainement à cette occasion) la valeur intrinsèque de la
monnaie perdra un peu de sa valeur. Je dis un peu car, dans l’idéale, cette
monnaie est indexée sur l’intégralité des matières premières et énergies. C’est-à-dire
que si le pétrole commence à devenir plus rare, plus cher, ta monnaie perdra « naturellement »
un peu de sa valeur. Par exemple, au lieu d’acheter ton pain 1€, tu l’achèteras
1€05… (Une forme d’inflation, la seule qui soit justifiée/acceptable puisqu’elle
correspondrait à la raréfaction de nos ressources)