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COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME
GRANDE CHAMBRE
AFFAIRE REFAH PARTISI (PARTI DE LA PROSPÉRITÉ), ET AUTRES c. TURQUIE
ARRÊT STRASBOURG 13 février 2003
[...]
B. Procédure devant la Cour constitutionnelle
1. Réquisitoire du procureur général
12. Le 21 mai
1997, le procureur général près la Cour de cassation saisit la Cour
constitutionnelle turque d’une action en dissolution du Refah. Il
reprochait au Refah de constituer un « centre » (mihrak)
d’activités contraires au principe de laïcité. A l’appui de sa demande,
le procureur général invoquait notamment les actes et propos de certains
dirigeants et membres du Refah, à savoir :
– Le président et
les autres dirigeants du Refah soutenaient, dans toutes leurs
interventions publiques, le port du foulard islamique dans les écoles
publiques et dans les locaux d’administrations publiques, alors que la
Cour constitutionnelle avait déjà déclaré qu’une telle pratique irait à
l’encontre du principe de laïcité inscrit dans la Constitution ;
– Lors d’une réunion relative à la révision constitutionnelle, le
président du Refah, M. Necmettin Erbakan, avait formulé des propositions
tendant à abolir le système laïque de la République. Il avait suggéré
que les fidèles de chaque mouvement religieux suivent leurs propres
règles et non plus les règles de droit de la République ;
– Le
13 avril 1994, M. Necmettin Erbakan avait posé devant le groupe
parlementaire du Refah à l’Assemblée Nationale la question de savoir si
le changement de l’ordre social dans le sens prévu par son parti allait
être « pacifique ou violent, et se faire en douceur ou dans le sang » ;
– Lors d’un séminaire tenu en janvier 1991 à Sivas, M. Necmettin
Erbakan avait invité les musulmans à adhérer au Refah. Selon lui, seul
son parti pouvait instaurer la suprématie du Coran à l’issue d’une
guerre sainte (djihad) et pour cette raison, les musulmans devaient
verser leurs dons au Refah au lieu de les distribuer à des tiers (**
voir note ci-dessous) ;
– Pendant la période de Ramadan,
M. Necmettin Erbakan avait accueilli les chefs des mouvements islamistes
dans la résidence réservée au Premier ministre et leur avait ainsi
manifesté son soutien ;
– Plusieurs membres du Refah, y compris
ceux qui remplissaient des fonctions officielles importantes, avaient
prôné, dans leurs discours publics, le remplacement du système politique
laïque par un système théocratique. Ces personnes avaient également
plaidé pour l’élimination des opposants de ce projet, si nécessaire par
la force. Le Refah, en se refusant à engager des procédures
disciplinaires contre ces membres et même, dans certains cas, en
facilitant la diffusion de leurs discours, avait tacitement adopté leurs
points de vue ;
– Un député du Refah, M. Ibrahim Halil Çelik,
avait indiqué le 8 mai 1997, devant des journalistes dans les couloirs
du Parlement, que le sang allait couler si on tentait de fermer les
écoles religieuses (d’Imam-Hatip, écoles formant les futurs
fonctionnaires religieux), que la situation pourrait être pire qu’en
Algérie, que personnellement il désirait que le sang coule pour que la
démocratie s’installe dans le pays et qu’il répliquerait à celui qui le
frapperait, et enfin qu’il se battrait jusqu’au bout pour l’instauration
de la charia (la loi islamique) ;
– Le ministre de la Justice,
M. Sevket Kazan (député et vice-président du Refah), afin de marquer
son soutien au maire de Sincan, lui avait rendu visite dans la maison
d’arrêt où ce dernier se trouvait en détention provisoire après son
inculpation pour avoir fait l’apologie de groupes terroristes islamistes
internationaux.
Le procureur fit également observer que le
Refah n’avait engagé aucune poursuite disciplinaire contre les auteurs
des actes et propos susmentionnés.
13. Le 7 juillet 1997, le
procureur général présenta à la Cour constitutionnelle de nouvelles
preuves à l’encontre de ce parti.
...
http://mbarral.webs.ull.es/refah.html
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UNE EUROPE TRÈS COMPLAISANTE AVEC LA TURQUIE !
.
Quand on va à la conclusion de cet ARRÊT de STRASBOURG du 13 février 2003, on s’aperçoit que la décision du CEDH va à l’inverse de la
justice turque et blanchit le Refah :
!!!! ...
PAR CES MOTIFS, LA COUR, À l’UNANIMITÉ,
1. Dit qu’il n’y a pas eu violation de l’article 11 de la Convention ;
2. Dit qu’il n’y a pas lieu d’examiner séparément les griefs tirés des
articles 9, 10, 14, 17 et 18 de la Convention et des articles 1 et 3 du
Protocole no 1.
Fait en français et en anglais, puis prononcé en audience publique au
Palais des Droits de l’Homme, à Strasbourg, le 13 février 2003.
Et
même de prendre à partie (voir en bas de l’Arrêt) en : "OPINION
CONCORDANTE DE M. LE JUGE RESS A LAQUELLE M. LE JUGE ROZAKIS DÉCLARE SE
RALLIER« , lequel écrit pourtant dans sa conclusion :
»Je ne doute pas que les buts défendus – pour le moins vigoureusement – par le parti requérant et ses principaux dirigeants étaient incompatibles avec les règles fondamentales de la démocratie et justifiaient la dissolution."
.
En
résumé, (je comprends) c’est, "circulez, il n’y a rien à voir, il ne
s’est rien passé ...", et la Cour Européenne de Droits de l’Homme (CEDH)
qui ré-écrit après coup au travers de son prisme culturel, politique et
juridique l’histoire turque ...