Spécialistes/
Les spécialistes de
l’amiante disaient qu’il n’y avait aucun problème, c’est tout juste si on ne
pouvait pas la tremper dans son café tant elle était bonne… Il y aurait donc
des arnaques vieilles comme le monde dans le domaine de la santé ou autre mais
pas dans le nucléaire qui ne souffre d’aucune discussion. Ce n’est pas là qu’il
y aura bataille d’experts, toute critique est qualifiée de propagande.
Les spécialistes sont
indispensables quand ils sont indépendants. A cet égard, le nucléaire reste une
exception française. Même le GSIEN (pourtant si prometteur) est rentré dans le
rang.
Il faut être idiot pour réfuter la nécessité d’un avis expert sur
des « sujets complexes ».
Sauf que
1) on ne mord pas la main qui vous nourrit
2) en toute bonne foi, un « haut niveau de
connaissance » ne met pas à l’abri d’une faiblesse dans l’analyse. Il
arrive même que les scientifiques non pétris de certitudes, le réalisent souvent
lorsqu’ils arrivent à la retraite et ont enfin la parole libre (ce n’est pas le
cas de tout le monde, j’en conviens).
Si je cite la CRIIRAD,
cela ne sera pas assez bien pour vous, la légitimité ne vient que du sérail. Je
ne résiste pas alors à rappeler l’existence de Bernard Laponche, chercheur au
CEA. N’hésitez pas à lui exposer vos « arguments ».
Entre
spécialistes pro et anti, la discussion sera plus intéressante.
Pour rappel :
http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-laponche/190613/paroles-de-responsables-du-nucleaire
http://www.sortirdunucleaire.org/Interview-de-Bernard-Laponche
Extrait ; « On a tout à fait le sentiment
d’un Gouvernement « sous influence » qui commet à mon avis deux erreurs
majeures et dangereuses à plusieurs égards.
La première est le déni du risque nucléaire de la part des responsables
politiques qui ne prennent même pas la peine d’étudier eux-mêmes sérieusement
le dossier et se laissent « mener en bateau » par les grands féodaux du
nucléaire, haute administration comprise. Une telle attitude d’irresponsabilité
peut conduire aux pires « non décisions », notamment sur le
vieillissement des centrales que l’on va laisser filer, alors qu’il ne devrait
en aucun cas dépasser les quarante ans de fonctionnement après leur couplage au
réseau, voire les trente cinq ans et encore moins pour certaines d’entre elles.
Cela implique un programme d’arrêt progressif des centrales existantes à partir
de maintenant.
La seconde est la non compréhension de la transition énergétique
qui s’impose au monde entier, basée sur la sobriété, l’efficacité énergétiques
et le développement des énergies renouvelables mais aussi la décentralisation
et la territorialisation des systèmes énergétiques, ce qu’a très bien compris
l’Allemagne qui, en parallèle, a décidé de « sortir du nucléaire » pour
les trois raisons fondamentales qui sont les déchets radioactifs, le risque
d’accident grave et la prolifération nucléaire. A ne pas jouer franchement la
carte de la transition énergétique, à s’enfermer dans la poursuite du
nucléaire, la France est en train de perdre une occasion historique de modifier
son mode de développement, ce qui est néfaste sur le plan environnemental
(risque climatique, risque d’accident, pollutions et déchets) mais aussi sur
celui du développement de nouvelles activités et de l’emploi, sur l’ensemble du
territoire. «
Arguments
en effet très techniques du
lobbying/
Les anti veulent le déclin économique de la France, l’élévation des impôts, et ils sont
immunisés par un grigri sans doute puisqu’ils trépignent de joie à l’idée d’un
accident en France (ah bon y’en a eu aucun jusque là ? Et à propos des
deux énormes ailleurs, nous avons été protégés par des frontières étanches ?).
Concernant le
vieillissement des centrales : pas un mot… sur les risques, pas un mot sur
le coût… Quant à l’uranium nécessaire à notre « indépendance
énergétique », rappelons qu’en France, la dernière mine a fermé il y a 13
ans. Evitons le sujet de la pollution des sites dans notre pays ou à l’étranger,
le nucléaire, « c’est propre » à ce niveau aussi pour COGEMA. Evitons
le coût, l’éthique colonialiste de l’extraction à l’étranger… Sans compter nos
interventions militaires afin de protéger notre énorme groupe industriel, le
jour où cela deviendra plus cher qu’un avion pour le président nigérien, la
facture sera plus lourde…