Certains m’ont dit qu’il faut empêcher les gens de dire des choses choquantes ! Pourquoi ? Qu’elles le disent et en assument les conséquences. Je veux les gens puissent s’exprimer et que tout le monde puisse leur apporter la contradiction. Il ne faut pas fuir le combat des idées mais l’encourager ! Nous sommes des êtres pensants après tout et il est temps de le montrer. Je n’aime pas vraiment les choses secrètes à vrai dire. Personnellement plus rien ne me choque, car j’ai vu trop d’horreurs pour être choqué par quelque chose surtout des caricatures de très mauvais goût ou des propos crus, cruels ou dérangeants. Après je reconnais que certaines personnes ont un charisme tel qu’elles peuvent manipuler les gens et les pousser à faire des choses horribles. Certains pensent en effet que si on laisse tout le monde s’exprimer on pourrait voir émerger des Hitler ou autres tribuns dangereux. Mais on laisse déjà des fous comme Bush s’exprimer, est-ce que ce serait pire ? Nous sommes déjà dans une situation extrêmement dangereuse et cela beaucoup refusent de le voir. Je pense que c’est par les idées qu’il faut convaincre les gens, car quand les idées ne passent plus, certains passent à autres choses. Il faut donc trouver les arguments pour contrer les idées dangereuses et expliquer en quoi elles sont dangereuses. Il faut bannir les affirmations gratuites et pousser les gens à développer leurs idées et en général ils finissent par montrer leurs limites et/ou se contredire. Mais les élites font tout pour que les gens ne puissent plus utiliser leur intelligence et se poser les questions dérangeantes. Beaucoup de gens sont dans le déni de la réalité. Un dicton dit que le mensonge prend l’ascenseur et la vérité prend l’escalier, mais la vérité finit toujours par arriver. La réalité est que le monde est dangereux sale et rempli de gens dangereux. Certains l’ignoraient ? Maintenant ils le savent ! Et le malheur, la mort, ça n’arrive pas qu’aux autres. Maintenant qu’ils le constatent, que les gens se posent des questions, le comment, le pourquoi, le qui, le quoi, le quand, le où, pas de limites dans le questionnement. Il est temps d’utiliser le cerveau.
Certains sont choqués quand je dis que « je ne suis pas charlie ». Alors je leur explique que je n’ai jamais aimé ce torchon et ce n’est pas parce qu’il a été attaqué que je vais vouloir être associé à sa vision du monde et à ce qu’il fait. La seule chose qui me semble juste est de souhaiter mes condoléances aux familles des victimes et leur apporter ma compassion. Je vomis la violence sous toutes ses formes et je vomis ceux qui cautionnent la violence. La violence peut être aussi verbale et artistique et les caricatures de Charlie était une forme de violence. Donc je n’aimais pas cette forme de violence. Après je pense qu’il faut poser les bonnes questions et soulever les débats par exemple sur le fanatisme religieux ou toute autre forme de fanatisme. Le fanatisme équivaut à l’absence de raison. Je pense que ce drame doit être l’occasion de se poser les bonnes questions et de permettre toute sorte de débats. Mais je ne me fais pas d’illusion certains préfèrent faire la politique de l’autruche avec des ridicules « je suis Charlie »...