@ trevize
Je ne voulais pas dire que ton texte est pourrave, ce n’est pas mon genre, mais juste qu’il me semble que tu mésestimes ce point : ’nous autres êtres humains, on n’est jamais d’accord entre nous’. C’est là que je te trouve superficiel. Tu prends cela comme argent comptant, sans interroger la chose.
Ce que je puis voir à vue de nez : chacun, nous avons une volonté et mieux encore, chacun nous sommes une volonté puisqu’il nous est impossible de nous départir d’elle et qu’elle nous anime. Et du fait que nous soyons tous uniques, différents, singuliers, cette volonté n’est pas présente à un degré similaire chez tous les individus. Il y a un spectre qui va de la quasi absence de volonté à la surprésence de cette volonté. Tous les systèmes que l’on peut inventer ne font jamais qu’assigner un but à cette volonté.
Lorsque l’individu est seul, cette volonté est en latence. Mais dès que deux individus sont en contact, leurs volontés respectives se confrontent dans un cadre implicite Par exemple, notre présente discussion, courtoise jusqu’ici (parce qu’il n’y a pas d’enjeu, c’est l’enjeu qui fxie l’expression de la volonté.)
(je bâcle mais...) Cela nous permet de découvrir le coeur, ce qu’est le rêve secret de l’homme, qui le porte inconsciemment depuis sa sortie de la savane : il veut incarner cette volonté parce que cette volonté c’est lui-même. Tout ce qui a existé jusqu’ici a été contre cette volonté ; il s’agissait de faire un homme moyen et avec ça on n’a fait que des malheureux.
’et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps’ [Rimbaud]
Bon, nous sommes très loin de l’homo economicus. La vision historique de Marx est fausse car matérialiste ; il existe un fil continu qui court d’un bout à l’autre de l’Histoire et qui est : volonté (au sens où je l’ai dit). C’est elle qui fait le monde, qui le bouleverse constamment pour aller à son but... si elle en a un, l’assumer, l’incarner n’est peut-être après tout qu’une étape intermédiaire.