« Quant à la compétitivité elle n’est que la façon édulcorée de qualifier la violence. »
Bien vu !
Car en fait l’idéal démocratique prétendument visé n’est qu’une ruse, une tromperie.
Seule une infime minorité en veut vraiment, et cette minorité est, au fond (plutôt secrètement, intimement), majoritairement considérée comme naïve ou/et idiote.
Le raisonnement pervers semble bien être celui-ci :
- je fais semblant d’y croire pour que d’autres acceptent des règles qui leur font lâcher le morceau (ou leur coopération) dont je profite avant qu’ils n’aient le temps ou les moyens de me retourner ma ruse en boomerang.
- je suis Plus qu’autrui (fort, caritatif, intelligent, doué, roué ...) :
* j’essaye d’abord l’hypocrisie : si ça marche, tant pis pour les naïfs
* tant que je reste en situation de force, quand mon hypocrisie est démasquée, je l’assume cyniquement : j’ai été le plus rusé, ce mérite justifie mon statut de garant de la démocratie-des-naïfs
L’argutie fallacieuse est en gros celle-ci :
1) il faut un minimum de capacités intellectuelles (et de mémoire) pour savoir mentir et couillonner.
2) plus je mens et plus je couillonne, plus je suis intelligent = méritant
(en tous cas il suffit que j’arrive à m’en persuader moi-même, quitte à devoir pour cela-même, en persuader d’abord mon entourage !)
3) la raison du Plus (fort) est toujours la meilleure
4) après moi le déluge
Un tel programme peut effectivement tourner sans trop boguer pendant ... un certain temps.
( Il se trouve aussi que, selon que vous serez ’naïf ’ ou arriviste, cette durée n’est pas la même pour tous. )
Tout l’art est de rester dans les limites de la bonne constante de temps ;
parce qu’après, la désadaptation risque de devenir douloureuse.
Certains clairvoyants croient (ou ont cru) régler le problème par le suicide ...
Reste à savoir quelle durée de croissance exponentielle reste encore crédible pour l’exploitation des ressources limitées qui nous font croire à notre génie .
( soutenabilité du dilemme entropie/ économie ? )
Reste aussi à savoir pourquoi même les incroyants s’échinent tant à laisser une trace dans la (dans leur ?) postérité.
A croire que leur idée présente de leur postérité influe sur la qualité de leur présent ? Mais alors, lorsqu’ils mentent aux autres pour mieux se mentir à eux-mêmes, comment réussisent-ils donc à se sentir si Plus ?