L’industrie
nucléaire est une industrie du passé. Sans avenir. Ou plutôt si :
elle a un grand avenir mais…dans la gestion très approximative des
déchets-merdes qu’elle fabrique et surtout dans le démantèlement
des centaines de centrales qui vont fermer dans la décennie à
venir.
Sa
part dans la production mondiale d’électricité est passée de
17,1% en 2001 à 10,9% en 2012 (chiffre provenant de l’Agence
internationale de l’énergie atomique et publié dans son dernier
rapport [PDF]).
Cette
industrie crève ? Mettons-lui le pied sur la tête pour
l’enfoncer dans sa merde ! Elle est caractérisée par son
incompétence, ses mensonges, son irresponsabilité.
Incompétence.
Sans
revenir sur le désastre de Tchernobyl, il y a quatre ans maintenant
que les réacteurs en fusion de Fukushima crachent leur mort. Car
aucune solution efficace n’a pu être mise en œuvre pour sortir du
sol et neutraliser ces réacteurs. Les « spécialistes »
industriels les plus pointus, venus du Japon, mais aussi de France et
des États-Unis se montrent absolument incapables de mettre au point
des procédures, des machines, des techniques appropriées pour
se saisir des coriums
fondus et de les traiter. L’océan sert de poubelle où sont
relâchées des quantités phénoménales de radioactivité. Sans
qu’aucune solution sérieuse ne soit en vue.
Irresponsabilité.
Cette
incompétence se combine avec une totale irresponsabilité reconnue
par la Convention nucléaire de Paris de 1960
(https://www.oecd-nea.org/law/nlparis_conv-fr.html)
qui reconnait que « la production et l’utilisation de
l’énergie atomique comportent des risques sans commune mesure avec
ceux dont le monde a l’expérience » et énonce explicitement
l’irresponsabilité des exploitants. « Aujourd’hui,
en France, en cas de catastrophe nucléaire, la responsabilité
dommage de l’exploitant est limitée à 91 millions d’euros,
celle de l’État, tous mécanismes confondus, à 345 millions
d’euros. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
(IRSN) a récemment proposé une estimation de 430 milliards
d’euros, pour un scénario d’accident nucléaire lui-même très
minimisé : fusion d’un tiers d’un réacteur, dans la
centrale de Dampierre (Loiret), et relâchement de radioactivité
pendant seulement deux heures. Avec ce scénario très optimiste,
25 000 km² deviendraient inhabitables, il faudrait évacuer
2,6 millions de personnes (dont la ville d’Orléans) mais il
serait « réaliste » d’en évacuer seulement 26 000 et
d’indemniser les autres ; 50 000 cancers. Á
Fukushima, ce sont trois réacteurs entiers qui ont fondu et le
relâchement massif de radioactivité a duré des mois. »
(http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/14/salon-mondial-nucleaire-bourget-derniere-espere-255474)
Mensonge.
Le secret et le mensonge sont consubstantiels à cette industrie.
Parce qu’elle est entachée des massacres épouvantables de sa
composante militaire. Parce qu’elle s’est construite sur un culte
du secret, du confidentiel, du mensonge, bref, du bourrage de crâne.
Rappelons-nous le « professeur » Pellerin assurant que le
nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté…aux frontières
de la France !!!). Cette culture du secret est officialisée par
le fait que l’OMS (organisation mondiale de la santé), émanation
de l’ONU chargée de résoudre les problèmes de santé publique et
d’éclairer l’opinion mondiale, est directement liée à l’AIEA
(Agence internationale de l’énergie atomique) par un accord signé
le 28 mai 1959, qui stipule, dans son article 3, qu’il est
possible « de prendre certaines mesures restrictives pour
sauvegarder le caractère confidentiel de certains documents ».
Ben voyons ! Dès lors, pourquoi se gêneraient-ils nos
nucléocrates pour nous raconter des bolas ? Avec arrogance,
voire mépris, ils nous assènent qu’un accident « est très
peu probable chez nous ». Ben voyons… On est d’autant plus
enclin à les croire que les dommages liés à leur industrie
ont pour eux un coût quasi nul ! On comprend dès lors les
insuffisances de la sécurité et le recours systématique à des
sous-traitants mal formées, mal équipés, mal payés et
irresponsables. L’irresponsabilité étant un dogme en la matière.
Ainsi,
mesdames et messieurs les nucléocrates qui
vous vous gargarisaient du « développement », de
« l’avenir » de votre industrie, vos rodomontades ne
trompent personne : les contrats nouveaux ne concernent que la
gestion et la réparation des 390 réacteurs encore en service sur
Terre.
Par
contre, vous avez encore un bel avenir, et particulièrement les
Français. Votre compétence, votre expertise sont indispensables
pour mener à bien le grand chantier nucléaire des décennies à
venir : le démantèlement des centrales.
Sources :
http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/14/salon-mondial-nucleaire-bourget-derniere-espere-255474
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/wne-le-bourget-du-nucleaire-les-158066