Ruiné le Canars n’est pas une mince affaire. C’est le journal français qui de loin a une gestion financière des plus rigoureuses et aussi la moins transparente. Ce que l’on sait, c’est que l’hebdomadaire depuis sa création s’est fixée une éthique d’indépendance et pour cela les associés sont ni plus ni moins que les journalistes garantissant au volatile l’indépendance des plus sûres. Il est sû aussi qu’à chaque fin d’exercice comptable(fin d’année), une cagnotte importante prélevée sur les bénéfices du journal est placée sur une réserve, afin justement de parer des situations imprévues telles que cette condamnation.
Oui le débat se pose, mais plus que la liberté d’expression c’est la liberté de la presse qui est posée. En France, la liberté de la presse est astreinte, contrainte légale qui à un certain niveau va à l’encontre des textes européens. Plusieurs affaires condamnant des journaux français ou des personnalités pour par exemple des propos jugés diffamatoires avaient été blanchis par la Cour Européenne.
Une limite difficile à trouver entre liberté de la presse qui suppose liberté d’investigation et la présomption d’innocence. Mais qu’en est-il des journaux télévisés qui violent allègrement cette règle de la présomption d’innocence. Et au delà des médias c’est chacun de nous qui ne faisons pas attention à cette éthique judiciaire parce que dans le même temps en France, un innocent peut aller quand même en prison...
Et puis une personne qui passe devant le juge, toute innocente soit-elle gardera l’étiquette indécollable d’une personne mise en examen ou suspectée. Suspicion, culpabilité, liberté voilà des termes qui aujourd’hui apparaissent comme incompatibles.