Globalement d’accord avec l’article... sauf le titre !
Ou plutôt, il me semble impératif de distinguer explicitement la politique allemande, des allemands, même si l’on peut concevoir, dans l’hypothèse d’une démocratie « pure et parfaite » que l’un et l’autre se rejoignent.
Les oppositions allemandes à ce modèle sont fortes, et la critique publique bien plus acerbe qu’en France. Ma crainte, c’est que l’on en arrive à opposer des pays sur des bases nationaliste identitaires. Je crois qu’aujourd’hui ce serait parfaitement inenvisageable par tout le monde, mais si se développe l’idée d’ « une nation, un peuple » - ici comme là bas, il faut voir aussi que ce concept englobe l’ensemble de nos rapports à l’autre.
Le problème est bien là : quelque que soit le niveau d’analyse, si l’on décide de travailler avec quelqu’un, il faut que ce soit avec les mêmes règles d’une part, et d’autre part cette con-fraternité impose une solidarité, c’est à dire du don, de la redistribution, des cadeaux désintéréssés. On appelle ça comme on veut. Mais là on sort du cadre de l’Allemagne, et on entre dans celui de l’UE. C’est en cela que les prêts de la BCE n’ont absolument rien d’une construction politique confraternelle. En UE, nous sommes adversaires, pas frères. Et dans ce cadre européen, « l’impérialisme » n’est pas allemand, il est de nature capitaliste. Celui qui a les moyens de production ne veut pas donner à celui qui ne les a pas. Au mieux, il consent à apprendre à celui qui ne les a pas à les avoir, sans lui expliquer que le jour où il les aura, ce sera la guerre (économique). « Je te prête si tu fais ce que je veux », ce n’est pas la même chose que « je te donne, et tu fais ce que tu veux »
Il faudrait une Europe politique (ou alors on se quitte bons amis, et on fait une Europe touristique : quand tu viens chez moi, tu joues avec mes règles), mais étonnamment, ce sont les tenants des pouvoirs puissants qui y rechignent (c’est contre les lois du marché).
Bref ! Blamons des organisations politiques du pouvoir, et pas des gens qui sont d’un pays comme ils auraient pu être d’un autre.
Je ne crois pas que c’était le but recherché du texte, au contraire, mais c’est toujours bon à rappeler. :)