Il
ferait beau voir qu’on nous obligeât à voter. Si tel devait être
le cas, j’enverrais
immédiatement ma carte d’électrice déchirée au Président de
l’Assemblée Nationale.
L’absention
ne distingue pas l’indifférence du refus de vote. J’ai le droit de
refuser de voter et j’entrerais en résistance s’il le faut. Ce n’est
pas une question d’offre à l’étalage politique, c’est une question
très politique de validation du processus démocratique ou de refus
de validation.
1
Je refuse de participer à tout référendum soumis par l’exécutif
de l’État français qui n’a pas respecté le vote des français en
2005 sur le TCE ;
2
Je refuse de reconnaître que l’Assemblée Nationale de ce pays
représente le peuple français. « Il faut bien constater
aujourd’hui que le Parlement n’est pas un organe délibératif, il
est devenu l’auxiliaire de l’exécutif » (Pierre
Rosanvallon, professeur au Collège de France, auteur de nombreux
ouvrages sur la démocratie) ;
3
Je refuse de voter pour un Président de la République qui
concentre, et de plus en plus, les pouvoirs. La fusion entre un
peuple et un chef ne constitue pas une démarche démocratique, sans
parler des exemples les plus atroces de cette fusion au XXème
siècle, "le
principe du "je délègue mon pouvoir... et ceux qui ont délégué
doivent se taire" est devenu insupportable parce que la société
du XXIème siècle n’est plus celle du XIXème"
(Dominique
Rousseau, professeur de droit constitutionnel).
4
Je refuse d’élire les conseillers départementaux avant de savoir
quels sont les compétences du Conseil départemental et après avoir
constaté que les compétences des conseils généraux étaient en
réalité pour la plupart des fonctions auparavant exercées par des
administrations non élues.
J’attends
la délibération publique, transparente et contradictoire, qui nous
exposerait les motifs pour lesquels les représentants du peuple
obligeraient le peuple à se faire représenter. Les députés
auraient-ils oublié le sens originel du mot représentant ?
Leur rôle théorique est de rendre présent le peuple en légiférant
et en contrôlant l’exécutif. Mais si les nouveaux « auxiliaires
de l’exécutif » veulent obliger le peuple à reconnaître leur
légitimité dans le cadre actuel, c’est en réalité un motif de
révolution qu’ils déclareront au peuple.