Je voudrais saluer le travail érudit de
Jean Maitoboda.
Je n’ai guère de titres à faire valoir pour
me prononcer sur différents aspects de la culture corse ( j’en suis resté à Prosper Mérimée et à Colomba ) et je ne sais dans
quelle mesure subsiste encore le système clanique avec les dérives qui lui
seraient liées notamment l’esprit de vengeance qui lave l’affront supposé ou
réel par la vendetta.
Quand on parle de la Corse, c’est - si l’on fait abstraction des mérités dithyrambes
sur l’île de beauté - souvent de manière exagérément négative en sous-entendant
des emprises mafieuses que certains voudraient consubstantielles à l’âme
corse.
Il y a la violence de droit commun et la
violence politique et, paraît-il, en Corse
on est accoutumé à dénoncer un certain degré d’osmose ( comme sous Vichy
pour les continentaux qui auraient la mémoire courte voire au début de la Ve
république avec les fameux SAC ).
Ce n’est donc pas si singulier que cela.
Si l’on replace le nationalisme corse dans
un contexte plus général à l’échelle de l’Europe, on s’apercevra qu’il y a une
énorme différence entre la résurgence de revendications autonomistes gagées
davantage sur un égoïsme de nantis comme en Flandre ou en Italie du Nord, voire
dans une moindre mesure en Catalogne, nantis lassés de supporter des transferts
financiers vers des régions plus déshéritées et le nationalisme corse qui a, semble-t-il, des fondements plus sains :
les Corses se voient, me semble-t-il, en tant que peuple qui revendique les singularités de ses
multiples métissages ( la tête de Maure sur le drapeau ! ) quand d’autres
essaient de masquer derrière des revendications culturelles un projet essentiellement basé sur la
cupidité.
En s’inventant, par exemple, comme la grotesque Ligue du Nord italienne une
ascendance lombarde mythique.
D’un autre côté, il y a le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes, donc le droit d’affirmer sa volonté d’autonomie
et c’est estimable mais je relève que
ce sentiment n’est pas majoritaire en Corse justement sans doute parce que la
viabilité de l’île dépend grandement des perfusions continentales et que les manifestations de violence sont donc contre-productives et apparemment en net recul comme les malades infantiles ...