@CN46400
Merci pour cette précision extrêmement parlante.
C’était bien l’antifascisme qui était visé, c’est-à-dire le refus du renforcement d’un pouvoir exécutif auquel, depuis plusieurs décennies, la grande bourgeoisie voulait livrer la plénitude de l’exercice de la souveraineté.
C’est très exactement ce type d’affrontement terriblement violent qui a abouti à l’arrestation et à la mort de Jean Moulin : il avait fait inscrire, par De Gaulle et sous la contrainte, cette souveraineté au profit du Conseil de la Résistance.
Cf. http://souverainement.canalblog.com
Notons encore que c’est à l’époque où Jean Moulin préparait la première réunion de cet organe - qui aurait dû exercer la souveraineté jusqu’aux premières élections générales succédant à la Libération -, et où il en mourait, que, depuis les Etats-Unis, son ami et ancien patron du temps du Front populaire, Pierre Cot, écrivait :
« Non seulement je m’honore d’avoir été un des partisans et des militants du Front Populaire, mais je demeure obstinément fidèle à la pensée dont il fut l’expression. Je vois dans le Front Populaire la tradition de la révolution française ; je pense que seule l’union des forces populaires et révolutionnaires françaises, communistes compris, libérera la France de la domination fasciste et permettra un renouveau de la démocratie. »
C’était sans compter avec De Gaulle... ou plutôt, c’était ignorer la puissance du système idéologique dominant tel qu’il subsisterait en 1944 et dans les années suivantes... jusqu’à maintenant.