@Heum, heum,...
Je crois qu’il ne faut pas exagérer les bénéfices recueillis par la population en général.
Il faut voir les diverses catégories, avec un enrichissement éhonté de certaines, et une misère effroyable pour d’autres : ce qui s’est révélé très vite après la Libération.
Il est certain, par contre, que le capital a été bien protégé, ainsi que le franc lui-même : c’est en arguant de ce genre de choses qu’Yves Bouthillier, le responsable des finances de Vichy, a pu éviter d’être mis en cause après la guerre.
Or, dans le même temps, il y avait des salaires extraordinairement bas compte tenu du prix des différents produits, notamment alimentaires, puis, au début de 1943, le STO mis en vigueur pour les jeunes prolétaires, sans parler de la chasse aux communistes.
Il faut aussi compter que le débarquement en Afrique du Nord en novembre 1942 a mis fin à l’armistice lui-même.
Ceci dit, la distinction de caractère général que vous avez rappelée à propos de l’armistice et de la capitulation sans conditions n’est pas à négliger, d’autant que l’armistice a permis à l’armée française de dégager l’ensemble de ses responsabilités dans la défaite : la capitulation en rase campagne sous jacente à la capitulation sans conditions n’étant justement qu’une affaire strictement militaire.
A Rethondes, il me semble qu’Huntziger a insisté auprès des Allemands sur la nécessité pour le gouvernement français de disposer de suffisamment de troupes pour maintenir l’ordre intérieur.
Enfin, la structure d’Etat est effectivement restée en place. Je montrerai ce qu’il en a été des parlementaires, par exemple. Il s’agissait, là encore, de ne pas toucher à la stabilité générale du système d’exploitation tel qu’on espérait bien le voir renaître, avec ou sans les Allemands...